Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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EXPOSITION UNIVERSELLE

LA

SCULPTURE A L’EXPOSITION RÉTROSPECTIVE

DU TROCADËRO

es amateurs français du xixe siècle ont été pen-
dant longtemps réfractaires aux œuvres de sculp-
ture en marbre. Elles n’entraient dans leurs col-
lections qu’à de très rares exceptions ; non qu’ils y
fussent absolument indifférents, mais la possession
de ces œuvres d’un caractère élevé leur semblait
avoir quelque chose d’ambitieux, de prétentieux
peut-être, empiétant sur les attributions des musées. Ajoutons que le
goût des arts, ou, comme disent encore quelques-uns, de la curiosité,
était alors l’apanage, non de la bourgeoisie précisément, mais de per-
sonnes dans une position de fortune modeste, dont les appartements
étaient également modestes ; que les millionnaires et les hauts barons de
la finance ne s’étaient point encore mis dans la partie et que l’on trouvait
alors sans de trop grands frais une foule de bijoux charmants, de faïences
précieuses, de petits ouvrages de sculpture délicats, des coffrets, des
miroirs, des médaillons, dont les plus difficiles pouvaient se contenter.
La collection Sauvageot, aujourd’hui au Musée du Louvre, nous donne
une parfaite idée des cabinets d’amateurs d’alors. La sculpture favorite
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