Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

Page: 147
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1878_2/0157
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
EXPOSITION UNIVERSELLE

LES ÉCOLES ÉTRANGÈRES DE PEINTURE1

ALLEMAGNE (SUITE).

’ histoire de l’art dans l’Allemagne du
Sud, depuis vingt ans, n’est autre que
l’histoire de l’école de Piloty, disait,
dans un livre récent, un critique alle-
mand distingué, M. de Leixner.

Donc, après avoir parlé de M. Piloty,
on doit s’occuper de ces coloristes du
Sud qui sont ses élèves ou qui ont vécu
dans l’atmosphère qu’il a créée à Munich,
et au nombre desquels j’avais oublié de mettre M. Boecklin et M. Ma-
tejko.

M. Auguste Kaulbach procède des Hollandais; il a des tons très-dis-
tingués, la facture habile, solide et légère. Il aime à habiller ses per-
sonnages de costumes anciens; c’est ainsi qu’il a fait de Mme Gédon et de
son fils une reine et un jeune prince qui semblent avoir souffert de
quelque malheur. On verra prochainement le remarquable dessin que
nous en a envoyé l’artiste et qu’on grave en ce moment. Son très-joli
tableau intitulé Rêveries représente une jeune femme de Terburg jouant
du luth. Le peintre a un sentiment d’élégance, de charme et beaucoup
de goût. 11 se plaît à représenter les femmes. Je serais curieux de savoir
quel effet produirait sur son gracieux talent l’essai de les habiller de leurs
bourgeoises robes modernes, et s’il se tirerait alors aussi bien du féminin.

M. Zügel est un homme de beaucoup de talent, à la peinture très-
vive, très-fine, très-spirituelle, de lumières un peu égales et dispersées
cependant, mais à notes chantantes, joyeuses, tendrement fraîches et

1. Voir Gazette des Beaux-arts, 2e période, t. XVIII, p. 50.
loading ...