Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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LE SALON DE 1878

(premier article.)

'Exposition universelle n’aura pas
fait de tort, au moins pour le nombre,
au Salon de 1878 ; les œuvres exposées
abondent. L’ardeur des artistes en gé-
néral et des peintres en particulier,
loin de s’éteindre, semble croître tous
les ans : l’affluence devient de l’envahis-
sement. Mais faut-il se réjouir de cet
état de choses, quelque honorable qu’il
soit, et doit-on préférer la quantité à la
qualité?

En vérité, ces premières lignes ne semblent pas tout d’abord favo-
rables au Salon de cette année : je les écris sans hésitation après plu-
sieurs visites attentives au Palais de l’Industrie, mais elles n’engagent
pas mon opinion sur les œuvres intéressantes dont j’aurai à parler tout
à l’heure. Pour le moment, je formule une idée générale que les Salons
précédents ont éveillée dans mon esprit et que l’Exposition actuelle est
venue développer encore : les œuvres admises sont trop nombreuses.
Des écrivains compétents et autorisés ont déjà soutenu, et ici même,
cette thèse; les motifs qu’ils mettaient en avant n’ont rien perdu de leur
valeur.

Lorsqu’on parcourt les salles, que de tableaux on rencontre dont
l’absence serait plus à désirer qu’à regretter ! Que de toiles n’ont d’autre
mérite que le souvenir laissé par l’ancien talent de leurs auteurs ! Parmi
les 2,300 œuvres exposées par les peintres, 1,300 au moins sont d’un
intérêt nul, je ne dis pas pour le visiteur, mais pour l’artiste qui étudie
et qui compare. Pourquoi les admettre alors et pourquoi les montrer? Si
les Expositions annuelles ont une autre raison d’être que d’amuser le
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