Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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GUSTAVE COURBET

(troisième et dernier article1)

es préoccupations clu théoricien et du
discoureur n’empêchaient pas Courbet
d’aimer son métier de peintre. Il tra-
vaillait toujours. Lors d’un voyage
qu'il fit en Saintonge au commence-
ment de 1863, il eut presque con-
stamment le pinceau à la main. Dans
une lettre du 26 mai, publiée à son
retour, il parle de soixante-dix ou de
quatre-vingts esquisses ou tableaux
préparés. Il s’était exercé dans tous
les genres : il avait peint des paysages, des fleurs, des fruits, des
animaux, entre autres un des étalons du haras de Saintes. Ces peintures
ne furent pas immédiatement connues, car on ne vit au Salon qu’une
Chasse au renard et un Portrait de femme. Que dis-je? Il nous fut
donné aussi d’y voir une œuvre inattendue. Courbet, l’homme de toutes
les surprises, s’était improvisé sculpteur.

Il exposait une statue en plâtre, un Petit Pêcheur en Franche-Comté
modèle d’une figure qu’il destinait à la décoration d’une des places
d’Ornans. Nous ne blâmons pas cette tentative de Courbet dans un
domaine qui n’était pas le sien : il est bon qu’un artiste ne s’enferme
point dans un horizon trop étroit, et rien n’est plus respectable que la
diversité des aptitudes. La fantaisie sculpturale tourmenta plusieurs fois
Courbet. En I86/1, il a fait à Salins un médaillon qui était un portrait;
aux derniers temps de sa carrière, lorsqu’il vivait retiré en Suisse, il a
modelé en 1875 un buste de la République helvétique pour la décorar

1. Voir la Gazette des Beaux-Arts, 2e période, t. XVII, p. 514, et t. XVIII,
p. 17.
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