Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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EXPOSITION UNIVERSELLE

AQUARELLES, DESSINS ET GRAVURES

i

!V

i les Anglais, qui ont si grandement fait les choses
dans leur participation à notre Exposition univer-
selle, n’avaient rempli toute une salle de leurs
aquarelles; il eût été superflu de consacrer un ar-
ticle spécial aux peintures à l’eau; les autres na-
tions, sans en excepter la France, sont à peine
représentées dans cette spécialité. Et encore les
’ artistes de l’Angleterre ont-ils une manière de traiter les water-
colours qui ne se distingue pas sensiblement de la pratique
qu’ils ont adoptée dans la peinture à l’huile : on passe des salles
où sont exposées les toiles dans celle des aquarelles sans que
l’œil soit averti du changement par la nouveauté de l’aspect. Ce sont les
mêmes colorations douceâtres, estompées, la même facture timide et
attentive qui semble redouter par-dessus tout qu’un éclat trop vif, une
note indiscrète vienne troubler l’harmonie générale. Les peintres anglais,
et plus particulièrement les aquarellistes, ne se soucient guère de ce que
l’on est convenu d’appeler le morceau; pour eux l’idée du tableau devant
aller droit à l’âme par le chemin le plus court, il importe que les yeux ne
rencontrent pas trop de distraction sur la route. Toute autre est la pré-
occupation de nos artistes qui volontiers peignent pour peindre, estimant
le sens de la vue assez précieux en lui-même pour qu’on le serve à
part et de son mieux.

A défaut des séductions de la palette, nos voisins ont d’autres mérites
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