Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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BIBLIOGRAPHIE

Histoire des médailles des États-Unis, par M. J.-F. Loubat. New-York, chez
l’auteur, 2 volumes in-4°, illustrés de 170 eaux-fortes par Jules Jac-
quemart1.

e titre qui précède est celui d’un magnifique ouvrage, sur grand papier
fabriqué exprès, d’une très belle impression, et auquel les gravures de
M. Jacquemart ajoutent un grand prix.

M. Loubat a réuni et décrit les médailles frappées aux États-Unis depuis
J776 jusqu’à 1876. Elles sont consacrées à des officiers de l’armée et
de la marine, aux présidents de la république, à des sauveteurs, à quelques étran-
gers ou Américains ayant rendu des services exceptionnels, et à quelques événements
généraux. Plusieurs étaient destinées à être données en présent à des chefs indiens.
Les plus anciennes ont été exécutées par des Américains et surtout par les graveurs
français, Dupré, Duvivier, Gatteaux, Andrieu et Gayrard.

D'autres sont dues aux Allemands Johann Reich et Moritz Fürst , et à partir
de 1840 environ le reste fut gravé par des artistes des États-Unis. M. Loubat donne
d’abord la description de la pièce, puis il y joint une courte biographie du person-
nage représenté, celle de l’artiste, le vote du Congrès, les documents relatifs au fait
qui a valu la distinction à celui qui en est l’objet, les négociations relatives à l’exé-
cution de la médaille, en un mot autant de renseignements qu’il ait pu en trouver.
Une longue série de rapports sur des faits d’armes se déroule principalement dans les
pages de ce volume, où l’iconographie des officiers de terre et de mer est la plus
nombreuse. Des détails curieux s’y rencontrent; par exemple, nous voyons dans
l’Introduclion, page xxi, que l’on payait à Dupré, Duvivier et Gatteaux 2,400 livres
pour des médailles mesurant vingt-quatre lignes. A la page 112 nous trouvons des
observations que fait le célèbre Paul Jones sur sa médaille gravée par Dupré ; il
n’approuve pas la disposition des navires sur la composition qui orne le revers.

Nous voyons encore que le grand philanthrope et millionnaire Peabody fut enchanté
au contraire de sa médaille (page 428), et la déclare d’une incomparable beauté,
d’une exécution magistrale. Elle sera déposée à l’Institution Peabody, dans la salle
spéciale destinée à conserver tous les témoignages publics dont il a été honoré, etc.

Par incidence, le grand ouvrage de M. Loubat fournit des renseignements utiles
pour une biographie et une étude de Dupré.

De justes éloges étant donnés au soin et à la précision du travail de l’auteur,
constatons que le plus grand intérêt de cette publication réside pour nous dans les
gravures de M. Jules Jacquemart.

Ce n’est pas la première fois que l’artiste aborde les médailles, il en a gravé, en
1863 pour la Gazette, plusieurs qui faisaient partie de la collection de M. de Luynes.

1. The médaille hisiory of the Uniled-Slates.
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