Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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GAZETTE DES BEAUX-A RTS.

sition de 1867 forçait plus l’étonnement par l’étrangeté annulaire de
l’édifice central, qu’elle ne méritait l’admiration, par l’ordonnance
architecturale de ses différentes parties. Si ingénieuse que fût cette
disposition elliptique qui, par rayonnements, facilitait l’étude et la
comparaison immédiate des mêmes produits de tous les pays, il faut
reconnaître que les dispositions rectangulaires du palais de 1878 ont
prêté davantage aux développements de' l’architecture et, par suite,
présentent un caractère de grandeur monumentale très supérieur.

Mais le palais du Champ de Mars, avec ses nombreuses annexes,
les constructions multiples qui lui forment cortège, les jardins qui
l’égayent et l’encadrent, ce palais n’est encore lui-même qu’une partie
de cet immense ensemble qui s’appelle l’Exposition universelle de 1878.
Celle de 1867 était limitée par la Seine. Celle de 1878 franchit le
fleuve sur un pont élargi, gravit les rampes duTrocadéro et le couronne
d’un monument grandiose enveloppant la colline dans la courbe har-
monieuse de ses ailes, la dominant et la signalant au loin par deux
tours gigantesques. De gaies constructions s’étagent au-dessous sur les
pentes latérales ; dans l’axe du nouveau palais, les cascades, de bassin
en bassin, descendent jusqu’à la rivière au milieu des pelouses
fleuries.

Jamais fête de l’Art, de l’Industrie humaine, de la Paix, n’avait offert
aux peuples assemblés un pareil spectacle sur une aussi vaste scène.

Mais s’il est vrai que l’Architecture y joue un rôle important, c’est
une occasion particulière qui nous est offerte d’étudier dans des mani-
festations variées notre art architectural contemporain et de surprendre,
s’il se peut, ses tendances réelles dans l’épanchement de son improvi-
sation. C’est que, dans la hâte imposée des grands travaux de ce genre,
l’artiste se sent souvent plus libre et plus disposé aux hardiesses de
l’invention. La durée forcément limitée de si grands spectacles l’invite
à des audaces pour lesquelles il ne redoute pas les jugements réfléchis
de l’avenir et l’engage en des tentatives dans lesquelles il n’oserait
compromettre des œuvres destinées à vivre. Si l’art semble y perdre
quelquefois en noblesse convenue et en pureté traditionnelle, il y
gagne certainement en sève et en vitalité, et il n’est pas rare qu’il ne
sorte de ces épreuves renouvelé en quelque sorte, plein d’ardeurs géné-
reuses que le temps saura assagir et féconder.

Il est également utde de profiter du rapprochement, dans ce grand
concours universel, des nombreux travaux de l’art étranger, comme
aussi de lameproduction de certains types anciens d’Architecture propre
à différentes nations, pour y chercher à la fois le stimulant des idées
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