Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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GAZETTE DES BEAEX-ARTS.

de la vitrine n° A, de M. Émile Gavet. Le Mosca, engagé au service du
roi de Pologne, Sigismond Ier, en 1530, n’est jamais revenu dans sa
patrie.

Tiziano Minio, autre artiste d’une belle renommée, paraît avoir
rajeuni, vers le milieu du xvp siècle, tout ce petit monde des faunes
et des faunesses, qui gambade autour des encriers-porte-lumières, que
l’on rencontre un peu partout.

Nous pourrions citer encore d’autres noms d’artistes fondeurs
padouans qui nous conduiraient jusqu’à Tiziano Aspetti, qui touche à la
fin du siècle, mais le manque de monuments assez caractérisés pour
leur être attribués nous arrête.

C’est à Tiziano Aspetti, petit-neveu du grand Titien, que l’on peut
donner deux grandes figures d’hommes nus, montés sur des panthères,
placées au milieu de la salle VII. Ces bronzes, un peu frustes, appar-
tiennent à M. Adolphe de Rothschild : cet illustre amateur a bien
d’autres objets charmants et mieux réussis pour s’en consoler.

Les beaux marteaux de porte exposés par MM. Armand, Antiq et
Foule, sont des bronzes vénitiens.

La salle VII, dontnous ne sortons pas, ne doit pas nous faire oublier
d’autres bronzes placés dans la salle voisine. Sans vouloir les nommer
tous, il faut cependant nous arrêter aux plus importants. Rien dans tout
ce que nous venons passer en revue n’est plus précieux qu’un petit
bronze placé dans la vitrine de M. Gustave de Rothschild : une figurine
de jeune femme assise, à moitié nue, dorée en partie, du plus pur style
italien. On reste émerveillé, en l’examinant avec soin, de rencontrer tant
de grâces et de perfections réunies dans un aussi petit objet. Elle est
donnée au xvie siècle, mais je la crois plus ancienne. La même vitrine
contient encore cinq ou six figurines, hautes de huit ou dix pouces,
d’ivoire et de bois, allemandes ou françaises, de la plus rare qualité.
Pour ne pas sortir des bronzes, nous ne désignerons par son nom qu’une
belle lampe du xve siècle, couverte de petits bas-reliefs, célèbre
depuis longtemps, souvent publiée et attribuée à Donatelio ; et dans le
voisinage, Hercule terrassant l’hydre de Lerne et Persée tuant le
monstre qui devait dévorer Andromède : deux belles figures faisant
pendant, du même amateur.

Un buste de bronze, d’un modelé très précis, de la fin du
xvie siècle, exposé par M. Gérome, est florentin. Il présente cette parti-
cularité d’être une restitution faite à trois cents ans de distance d’un
personnage célèbre du xmc siècle. Un buste d’Alessandro Vittoria est un
spécimen distingué des œuvres recherchées du grand artiste vénitien.
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