Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

Parmi les œuvres italiennes de la salle vit. on trouve, dans la vitrine
n° 10, une figurine de marbre, dans sa niche de bois doré et peint, de la
collection de M. Bonnaffé. Labaseetle couronnement, en tourelle, de cette
niche, forment un très gracieux ensemble.

Dans la salle viii un dessus de porte de forme semi-circulaire, de bois
sculpté, de la collection de M. Edmond Foule, est une des œuvres qui
font le plus d’honneur à l’école française. Ce n’est qu’un fragment, mais il
est excellent et la date qu’il porte: 1518 ajoute à sa signification. La
lunette est remplie par deux enfants dont les corps se terminent en rin-
ceaux de feuillage d’un modelé robuste et d’un grand caractère. Sur
la linteau est placée l’inscription : povr la foy.

Dans la salle x, dans la voisinage d’un coffre normand, d’un grand
style, exposé par M. Maillet du Boullay est placé le couvercle d’un fonts
baptismal de l’église Saint-Romain, de Rouen, qui est une véritable mer-
veille de sculpture en bois. 11 est en forme de dôme, surmonté d’une lan-
terne à jour, dont le couronnement est soutenu par quatre colonnettes. Le
dôme lui-même est divisé en huit compartiments par de fortes nervures
qui descendent du sommet et forment autant de cadres où sont disposées
diverses scènes de la passion, depuis la prise de Jésus au jardin des
Oliviers jusqu’à la mise au tombeau. Dans la lanterne, le Christ sort de
son sépulcre au milieu de quatre soldats effarés par le miracle. La com-
position est ingénieuse, le couronnement est d’une disposition très
pittoresque ; mais on ne saurait rendre qu’avec le crayon l’extrême élégance
des figurines, des bas-reliefs et la distinction des détails d’architecture
qui rappellent quelques-uns des plus jolis motifs de l’église Saint-
Eustache de Paris. Il serait fort intéressant de savoir le nom d’un artiste
d’aussi grand goût.

La salle xii contient, entre autres sculptures, une tête de Henri II,
marbre qui rappelle le beau buste de Jean Goujon du Musée du Louvre;
mais ce n’est qu’une tète. Elle appartient à M. de la Renaudière.

Au premier étage, dans la salle des portraits historiques, au milieu
de beaucoup de productions vraiment inférieures qui y ont été réunies,
est placé un buste de bronze de Jean de Morvillier, ecclésiastique, mais
surtout diplomate distingué, qui représentait la France au concile de
Trente. C’est une rareté. Le personnage, de mine austère, n’a rien de
séduisant, mais la sculpture a beaucoup de caractère. Jean de Morvillier,
mort en 1577, était de Blois, et son buste provient du tombeau qui lui
avait été élevé dans sa patrie.

Nous ouvrirons ici une parenthèse pour présenter à nos lecteurs un
merveilleux petit ouvrage français du xvie siècle, —La clef Strozzi, —
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