Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

application aux mœurs anglaises. Si tout n’y est pas entièrement réussi,
l’homme de goût y trouve, du moins, d’heureux résultats dans de bons et
nombreux produits, et de très sérieux efforts même dans les créations
les plus médiocres.

Traversant les galeries des Beaux-Arts pour rentrer en France, nous
arrivons à l’exposition lyonnaise. Les Lyonnais ont de tout temps exposé
collectivement, et si leur intérêt en profite, c’est au détriment de la per-
sonnalité et de l’originalité de leur exposition. Grâce à cette triste orga-
nisation, non seulement on trouve difficilement l’exposition que l’on
cherche, mais une fois qu’on l’a trouvée, il est difficile de savoir où elle
commence et où elle finit. Les étoffes pour ameublement sont peu nom-
breuses, mais n’en sont pas pour cela moins remarquables. MM. Tassi-
nari et Chatel, à part quelques excentricités d’un goût douteux, ont de
bons produits, surtout de grands tissus dans les styles chinois et japo-
nais; d’autres étoffes, lampas, velours, n’apportent pas des éléments
bien nouveaux, mais complètent un heureux ensemble. MM. Mathevon
et Bouvard ont une exposition très variée de tissus. Les velours y
tiennent surtout une large place. Nous donnons le dessin d’un velours
marron sur satin. Il est d’un très bon style et d’une très bonne exé-
cution.

Ces velours se font remarquer par l’heureuse échelle à laquelle ils
sont dessinés. Cette qualité est plus rare qu’on ne pense ; nous la trouvons
à un haut degré dans les produits de M. Lamy et Giraud. La collection
de lampas, de velours est très belle et très variée. En épurant les des-
sins classiques du dernier siècle, les fabricants sont en même temps
dans une voie de progrès réel, et c’est un excellent exemple donné à la
fabrication lyonnaise, trop souvent tentée de s’endormir entre la mode et
la routine. La maison Pin et Glunet est plus en progrès encore et expose
des produits d’un art avancé. Nous ne pouvons qu’engager ces fabricants
à persévérer dans cette voie, en se méfiant des tonalités sombres et in-
décises. Il est toujours plus facile d’être harmonieux dans ces conditions
mais les dessins de MM. Pin et Chili et sont assez solidement construits
pour supporter le poids d’une coloration vigoureuse.

Quittant les tissus de soie pour les tissus de laine, nous sommes fort
embarrassés par le grand nombre de bons produits qui sont exposés.
M. Bournaret montre un très joli meuble paysage d’une exécution de
tons très fins ; près de là, M. Wallet se livre entièrement à la restaura-
tion et à la reproduction d’anciennes tapisseries ; rien n’est plus parfait
que sa goutière Henri II en carrés de verdures. 11 y a un but et un point
de départ très pratiques dans la spécialité de ce dernier exposant.
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