Revue égyptologique — 2.1881

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Les sarcophages d 5 et 7 dtj Louvre.

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» les évêques pour que nous sachions s'ils sauront bien combattre ou non. Je le regardais et
» voilà qu'il ouvrit la porte de l'enfer et qu'il appela disant : « Serpent des anciens jours ! —
»A cet instant je vis un immense dragon tenant en sa gueule un tome et derrière le dragon
» j'entendis une voix dans les ténèbres qui disait : Prends le livre, Pulchérie, et donne-le à

» Marcien !........»

Ce tome que tenait le dragon, c'était — tout le monde le comprend — le tome de
Léon, la lettre du pape à S' Flavien. C'est-là le langage habituel des fanatiques égyptiens
de cette époque. On prêtait à S* Jean de Lyeopolis et au prophète-tribun Sénuti des pré-
dictions du même genre sur le concile de Chalcédoine, la défection de Pulchérie et de Marcien,
etc. Nous n'avons donc pas à insister. Nous constatons seulement qu'en dépit de leur exaltation
nos voyageurs étaient remplis de. sinistres pressentiments. Pendant toute la traversée le destin
qui les attendait leur apparaissait sous des couleurs de plus en plus sombres. Un jour il
semblait à Dioscore pendant son sommeil qu'on lui arrachait ses ornements pontificaux. Un
autre jour, le diacre Pinoution racontait que le moine inspiré de Panopolis avait récemment
annoncé à son maître Macaire un glorieux martyre. Cependant le vaisseau approchait de
plus en plus du terme de son voyage et nous allons voir dans le récit suivant quel accueil
Dioscore et ses compagnons reçurent à leur arrivée.

(La suite prochainement)

LES SAKCOPHAGES D 5 ET 7 DU LOUVKE.

Je dois à l'obligeance d'un aimable érudit, M. Bonnaffé, les précieux renseignements
qui suivent sur les sarcophages D 5 et 7 de notre Musée du Louvre '.

Le 4 septembre 1G32 des marchands venant d'Egypte amenèrent à Marseille deux sar-
cophages «pesant chacun huit cents livres et hauts de sept pieds, l'un de marbre blanc,
» l'autre de pierre de touche, tous deux chargés depuis le haut jusqu'en bas d'un grand
» nombre de caractères égyptiens et hiéroglyphes ». Informé de leur arrivée par une lettre du
père Brusset, le père Kircher, qui se trouvait alors à Avignon, se rendit à Marseille poul-
ies voir et les étudier. Ses observations sont publiées dans YOedipus aegyptiacus, III, 477;
nous en parlerons tout à l'heure.

Ces deux monuments pour lesquels le prince Doria avait fait offrir des sommes consi-
dérables furent achetés pour le compte du surintendant Fouquet et expédiés à sa maison de
S* Mandé. Sauvai en parle dans ses Recherches sur les antiquités de Paris, II, 344 : «Ce

' Voici la description qu'en a donnée Emmanuel dk Rougé dans sa Notice des grands monuments :
D. 5, Sarcophage en pierre calcaire, taillé en forme de momie. Donné par M. de Clialabre en 1847.
Long. 1 mètre 97. 11 est décoré de trois lignes d'hiéroglyphes qui contiennent la prière funèbre d'un
nommé Horus. Époque saïte. D 7, Sarcophage en basalte, taillé en forme de boîte de momie. Long, l mètre
91. La décoration de ce sarcophage est toute particulière: elle se compose de huit éperviers à tête humaine,
les ailes déployées. Ils portent en tête le disque, et dans leurs pattes ils tiennent les anneaux et le sceptre
a plume d'autruche. Ces huit éperviers sont, suivant les légendes, des dieux de la demeure des âmes. Le
défunt nommé Ankhmeri, fils de Tarot, les invoque pour que son âme vole vers la demeure oh il doit aborder
et qu'elle puisse rejoindre son corps. Époque saïte. — Donné par M. de Clialabre en 1817.
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