Revue égyptologique — 2.1881

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Eugène Revillout.

LE SEKMENT DÉCISOIKE CHEZ LES ÉGYPTIENS.

(Suite1.)

§ II. — Serment pour établir la réalité d'une vente.

J'ai déjà eu l'occasion2 de parler de la personne et des affaires d'un certain paraschiste
de Djème nommé Ainenhotep, fils d'Hor, qui vivait du temps d'Evergète II. Cet Amenhotèp,
en dépit de la loi de police qui interdisait aux paraschistes l'habitation de la ville de Thèbes:i,
acheta dans cette ville, des héritiers d'un certain Hereius, diverses propriétés où il comptait
bien établir son domicile. Mais pour éviter peut-être l'attention publique qu'auraient attirée
infailliblement des actes faits par devant notaire et enregistrés au greffe4, il se borna d'abord
à des cessions verbales faites devant témoins et à des modèles d'actes qu'il eut bien soin de
ne pas faire légaliser.

Bientôt il eut à se repentir de ce mode de procéder. Certains membres de la famille
d'Hereius semblèrent vouloir profiter de la situation fausse dans laquelle il se trouvait5. Il
eut à les gagner les uns après les autres et à les faire adhérer à une vente qui ne pouvait
guère être considérée que comme une vente verbale. Justement le règlement sanitaire qui
interdisait à tous ceux qui s'occupaient de cadavres le séjour dans la ville de Thèbes6 était
peu à peu tombé en désuétude et en l'année 45 le procès entre Hermias et les choachytes
venait de rendre public cet état de choses7. Amenliotep se hâta donc, de faire faire Ji
Djème pouf plus de précaution) des écrits de cession à plusieurs des enfants d'Hereius. Nous
en avons encore un qui est justement daté de l'an 458 et dont voici la partie principale :
« La femme Tamout, fille de Hereius, dont la mère est Tanechtou, dit au paraschiste de la
» nécropole de Djème, Amenliotep, fils de Hor, dont la mère est Chaboura : Je t'abandonne
» (en cession définitive) ton terrain nu (on>peç_) de maison ((J/Aototopç) laissé pour y bâtir, qui
» est dans le quartier sud de Thèbes et dont les voisins sont : Au sud le terrain nu (ou»peç)
» de la femme d'Alexandre ('?), au nord la rue du roi, à l'est la maison de Petosor, fils de
» Chons, et de femme Tati (?), à l'occident le ravin (o'.wpuç), tels sont les voisins de ton oureh
» de maison laissé pour y bâtir et mentionné ci-dessus tout entier, que tu as acheté pour
» argent de femme Ta thot, fille de Hereius, et de femme Aou, fille de Hereius, mes sœurs.
» Elles t'ont fait un écrit pour argent à ce sujet auparavant. A toi désormais ce terrain nu
» de maison et tout ce qui en dépend. Je n'ai plus aucune parole au monde (aucune récla-
» mation) à te faire à son sujet. Depuis le jour ci-dessus celui qui viendra t'inquiéter à ce

1 Voir Bévue, 1881, p. 15 et suiv.

2 Une famille de paraschistes ou taricheutes Thébains {Zeitschrift fiir agypt. Sprache, année 1879, 2° partie,

p. 83 et suiv.).

3 Voir papyrus ier de Turin (p. 4 et 8 du papyrus).

4 Voir le papyrus grec ier de Turin, p. 4 et le papyrus grec 05 du Louvre.

5 Voir la requête d'Hermias relatant les premiers phases de son procès. — Pap. grec ier de Turin, p. 2.

6 Spécialement paraît-il du quartier sud, car on trouve des choachytes dans le quartier nord de
Thèbes depuis les plus anciennes époques.

7 Notons que la maison était, comme nous le verrons, située sur les confins de Thèbes.

s L'acte est du 27 Athyr de l'an 45. Je l'ai revu ce printemps avec soin à Turin ainsi que tous
ceux que je donne dans cet article.
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