Revue égyptologique — 2.1881

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Eugène Revillout.

Ces indications étaient suffisantes pour que le dieu ne pût pas se tromper de personne
et donner à un autre Hor Ounnofré les grâces qui étaient dues à celui-ci pour sa bonne
œuvre de sculpteur. Il comptait ainsi être payé deux fois : par Pterpa d'abord qui avait
commandé la besogne et par Hor-merti qui en profitait.

Telle nous semble du moins l'opinion la plus vraisemblable, bien qu'à la rigueur il ne
soit pas impossible qu'un inconnu ait voulu utiliser pour un proscynème l'espace laissé blanc
dans la stèle du fondateur de l'édifice. De tels ex voto faits au détriment d'un autre, et dont
le coût était nul, ne sont pas rares. C'était de la piété à bon marché. Le grand Sésostris
lui-même, c'est-à-dire le Ramsès II des égyptologues, fit souvent ainsi, bien que l'argent ne
lui manquât pas, et alla jusqu'à substituer son nom à celui de ses prédécesseurs dans les
monuments construits par eux.

ACTE DE FONDATION
D'UNE CHAPELLE A BAST DANS LA VILLE DE BUBASTIS

l'an 32 du koi amasis.

Cette stèle qui porte le n° 3 dans la collection de M. Posno a avec la stèle n° 2 de
la même collection, donnée plus haut, les plus grandes analogies. Seulement la chapelle dont
il s'agit ici est construite à Bubastis au lieu de l'être à Pharbaetus. Ces deux villes sont du
reste fort peu distantes l'une de l'autre, comme je l'ai montré dans le commentaire du docu-
ment de Pterpa.

Commençons aussi par la description et la traduction de notre stèle.

§ Ier. Description et texte de la stèle.

La stèle dont il s'agit a une hauteur de 38 centimètres et une largeur de 24 centi-
mètres.

Dans le premier registre du document on trouve d'abord le disque ailé.

En dessous, le roi Amasis coiffé, paraît-il, de la couronne rouge présente des pains à
la déesse Bast à tête de lionne. Une oie est placée debout devant lui sur une table d'offrande.
Derrière la déesse, qui est assise, un dieu à tête d'épervier se tient debout. C'est sans doute
le dieu Supt, qui figure à côté de Bast, dame de Bubastis, sur la stèle de Takelot Ier portant
le n° 5 dans la collection Posno. Dans ce dernier monument on lit très nettement à côté
du dieu la légende ^^^j^z?|^j « Supt, maître de l'est » ainsi que l'a noté lui-même
M. Bkugsch dans son Dict. géogr., p. 206. Ici la légende du dieu est effacée; mais il est
facile de voir qu'on l'a représenté comme un Horus; et M. Brugsch a aussi prouvé dans son
Dict. géogr., p. 707 que «le nom de sopt désigne le dieu Horus comme divinité protectrice
» des contrées orientales, surtout du côté de l'est du delta (l'Arabie). » L'attribution nous semble
donc certaine, bien que Sopt, le dieu du nome arabique, soit ordinairement représenté avec un
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