Revue égyptologique — 2.1881

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Une épopée gréco-égyptienne.

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Les recherches faites surtout par M. Letronne, M. Revillout et M. Lepsius nous ont
beaucoup éclairé sur l'histoire des Blemyes. Ce peuple belliqueux de la Nubie, qui faisait
mainte incursion en Egypte, a été combattu par Dioclétien au troisième, par les généraux
de l'empereur Marcien au cinquième, et par Narsès au sixième siècle. Ce fut ce dernier qui
abolit le culte païen d'Isis qu'on leur avait accordé sur l'île de Pluies. Plus tard convertis au
christianisme, aussi bien que les Nubiens, ils restèrent pendant des siècles sous la domination
du roi chrétien de Nubie. Mais, au XIIe siècle, le géographe arabe Edrisi parle de ce peuple
guerrier sous le nom Belîyoun. Il dit que ce sont des nomades chrétiens jacobites d'origine
grecque, qu'ils errent dans le pays qui se trouve entre les Bodjaouis et les Abyssins et viennent
jusqu'en Nubie, et que tous les circonvoisins craignent leurs actes violents. Un membre du
Congrès, M. Halévy, soutient même que ce peuple existe encore de nos jours dans cette
contrée sous le nom de Bilem.

L'épopée grecque dont il s'agit n'est pas un poème chrétien, à ce qu'on voit. Malheu-
reusement, les noms des guerriers que nous y trouvons n'offrent pas d'appui pour déterminer
l'époque des événements décrits. Les noms des soldats Blemyes Dolios, Pylartes, Lampétidès,
Agénor, Mimas, Aesymnos sont certainement phantastiques, tandis que les noms des ennemis
Persinoos, Aenios et Germanos appartiennent à la basse époque byzantine de l'empire romain,
à laquelle il faudra attribuer sans cloute la rédaction du poème. Il se rapporte donc pro-
bablement à la guerre que Maximin et Florus ont faite aux Blemyes l'an 451 et 452 après
J.-Ch. Comme il est vraisemblable que la rédaction de notre épopée n'est pas beaucoup pos-
térieure à la guerre qui en est le sujet, on pourrait supposer que le poète inconnu a vécu
à cette époque où les Nonnos, les Colouthos et d'autres poètes égyptiens cherchaient à faire
revivre la langue homérique.

Le mémoire, dans lequel j'ai publié entièrement les fragments de cette épopée gréco-
égyptienne, va paraître dans la Zeitschrift de M. Lepsius et sera accompagné d'une planche
photo-lithographique. Ludw. Stern.

cinquième lecture.
UN ANCIEN CONTE ÉGYPTIEN

(PAPYRUS DE SAINT-PÉTERSBOURG)
TRADUIT PAR

M. GrOLÉNISCHEFP.

«Le serviteur savant Q^g^<^L>|) ^ : Que *on cœur soit content, o mon chef, car
nous avons atteint la patrie, ayant occupé (pendant assez longtemps) la poupe du navire et
ayant battu des rames! La proue a (enfin) touché la terre! Tous les gens se réjouissent et
rendent des actions de grâce tout en s'embrassant les uns les autres. De moins bons (? ou
«d'autres») que nous sont revenus en bon état, (mais) chez nous il ne manque pas un seul
homme (quoique) nous ayons atteint les dernières limites du pays Uâuâ-t, et (que) nous
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