Revue égyptologique — 2.1881

Page: 344
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GOLÉNISCHEFF.

Mais, dès que tu t'éloigneras de cette place, tu ne reverras plus jamais cette île qui se
transformera en flots. »

Et voilà, quand le navire s'approcha conformément à ce qu'il avait prédit d'avance, je
m'en allai me placer sur un haut arbre pour tâcher de distinguer ceux qui s'y trouvaient.
Ensuite j'allai (lui) communiquer cette nouvelle, mais je trouvais qu'il la connaissait déjà.
Alors il me dit : «Bon voyage, bon voyage, vers ta demeure, petit, revois tes enfants et que
ton nom reste bon dans ta ville : ce sont là mes souhaits pour toi. »

Alors je me prosternai devant lui en tenant les bras baissés devant lui, et lui, il m'accorda
des cadeaux consistant de parfums Anti, Heken, Juden, de cassia, de bois Thias et Saâs, de
stimmi, de queues d'animaux Mâmâ, du bois Mererït, de beaucoup de simple encens, de dents
d'éléphants, de chiens Tesemou, de singes Gouf et de singes Kïou et de toute sorte de choses
précieuses. Je fis embarquer tout cela dans ce navire qui était venu et, tout en me prosternant,
je priai Dieu pour lui (=je le remerciai).

Alors il me dit : «Voilà : tu arriveras dans ta patrie dans deux mois, tu presseras sur
ta poitrine tes enfants et tu resteras (après ta mort) intact au fond de ton tombeau.»

Après cela je descendis au rivage auprès du navire et j'appelai les matelots qui s'y
trouvaient. Je rendis sur le rivage des actions de grâce au maître de cette île ainsi qu'à
ceux qui s'y trouvaient.

Lorsque nous arrivâmes, en revenant, à la résidence du Pharaon, le deuxième mois,
conformément à tout ce que l'autre (le serpent) avait dit, nous nous approchâmes du palais.
J'entrai chez le Pharaon et j'amenai les cadeaux que j'avais rapportés de cette île dans
le patrie. Alors celui-ci me remercia devant l'affluence de tout le pays.

-*— Fais donc (o mon chef) de moi un sesu (un serviteur) et rapproche moi de ses cour-
tisans. Jette ton regard sur moi après que j'ai rejoint la terre ferme, après que j'ai tant vu
et éprouvé. Écoute ma prière, car c'est bon d'écouter les gens. (Aussi) il m'a dit (c.-à-d.
le pharaon m'a dit) : Deviens un aqer (un savant), mon ami......

— C'est fini (ce conte) depuis son commencement jusqu'à sa fin comme cela a été trouvé
dans un (ancien) livre. C'est écrit par le scribe aux doigts habiles Ameriî-Amen-âa, qu'il
vive qu'il soit sain et fort. »

SIXIÈME LECTU11E.

SUE LA CACHETTE DÉCOUVERTE A DER-EL-BAÏÏAEI.

Sous ce titre M. Maspero a envoyé au congrès une note intéressante dont je lui ai
demandé une analyse faite par lui-même (comme aux autres auteurs des mémoires égypto-
logiques lus au Congrès de Berlin). M. Maspero crut que je désirais le mémoire entier qu'il
avait l'intention de retoucher. Il se borna à m'annoncer dans une lettre du 20 octobre 1881
la publication très prochaine de son mémoire complété et remanié. Je me vois donc réduit
à rédiger sans lui l'analyse en question en y réunissant quelques nouveaux renseignements
qui me sont venus d'ailleurs sur le même sujet.
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