Revue égyptologique — 2.1881

Page: 187
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Comparaison des mesures égyptiennes et hébraïques. 187

On peut compter à rebours les mêmes interstices et on obtiendra une série complémentaire
au chiffre de soixante.

Sur l'autre mutilée (B) on ne lit que :

. (incertain) 9, 10, 18, 28, 30, 32 ... .
Ou lue à rebours:

(incertain) 51, 40, 42, 32, 30, 28 ......

Il y a bien un huitième et sept huitièmes, comme on y voit aussi le nombre sept,
quoi qu'on en dise. La tripartition de M. Lepsius est réfutée.

Donc les mesures identiques représentent bien le même système; on pouvait s'attendre
à cette conclusion simple qui écarte toutes les subtilités pas trop recherchées. Nous sommes
en présence de la mesure fondamentale des Assyro-Chaldéens.

Je ne sais si Gudea était architecte ou ingénieur; peu importe s'il était sorti de
l'école des beaux-arts ou de l'école polytechnique. C'est le roi même que représente la statue,
ainsi que le dit la petite inscription au dos de la figure:

« Dans le temple d'Hercule, son roi, est érigée cette statue de Gudea gouverneur (patesi)
» de Sirtella, qui a construit le temple de Mulkt. Il a promis de donner journellement, aussi
«longtemps qu'il sera gouverneur, un bath de lait, un épha de pain, un demi-épha de . . . .,
»un demi-épha de pain sacré qui détourne la malédiction divine.

«Il obéira à l'injonction d'Hercule. Puisse-t-il, pour exécuter son intention, remplir sa
«promesse dans le temple d'Hercule, et que sa prière devienne vérité!»

Le bath ou l'épha était le cube de la mesure sculptée sur la statue; celle-ci servait
donc à l'accomplissement du vœu royal.

Agréez, etc.

Paris, le 12 décembre 1881. J- Oppert.-

COMPARAISON DES MESURES ÉGYPTIENNES ET HÉBRAÏQUES.

Lorsque j'ai écrit mon article Sur les mesures égyptiennes, je ne m'étais pas occupé d'une
façon spéciale de la métrologie hébraïque. Je ne la connaissais guère que d'après les textes origi-
naux de la bible et le guide de la petite dissertation de Wasek, De antiguis mensuris liebrœorum '.
Si j'avais cité le petit gomor, c'était parceque les métrologistes grecs le mettaient en relation
avec l'artabe. Le reste m'importait peu : et c'était tout à fait en passant que j'avais jeté les
yeux sur les prétendus 2 extraits faits par M. Thiollet à la Métrologie de M. Saigey {Bible

1 Ce petit livre, publié à Heidelberg en 1610, est un vrai modèle de méthode, d'érudition et de
netteté. L'auteur y a très bien résumé toutes les données des rabbins et celles des métrologistes grecs.
Mon exemplaire est celui d'AxQUETii. Dlteruox.

2 L'auteur a fusionné les deux tableaux relatifs aux deux époques distinguées par M. Saigey. A la
page 21 do sa Métrologie, M. Saigey donnait d'abord le tableau des mesures de liquides d'après l'ancien
système, puis le tableau des mesures de solides d'après le même système. Il va sans dire qu'il y établissait,
comme Ezéchiel, etc., l'isonomie du bath (des liquides) et de l'épha (des solides), et donnait à l'un et à
l'autre la même contenance (environ 72 litres). A la page 50, il procédait de même pour le nouveau
système. Il donnait d'abord les mesures de liquides, puis les mesures de solides, et estimait le bath comme
l'épha à environ 36 litres. Qu'a fait M. Thiollet? Il a pris le tableau des mesures de liquides à l'ancien

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