Revue égyptologique — 2.1881

Page: 346
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A. WlEDEMANN.

Evidemment cette cachette avait été préparée après les grands vols dont les nécropoles
royales Thebaines avaient été le théâtre sous la XXe dynastie lors des célèbres procès cri-
minels que les papyrus hiératiques traduits par MM. Birch et Chabas nous ont fait connaître.
On avait alors enlevé les rois des cryptes somptueuses qu'ils s'étaient fait préparer et on les
avait relégués dans cette tombe provisoire, beaucoup moins riche mais plus sûre. On dressa
même des espèces de procès-verbaux de transfert, écrits en hiératique et que l'on plaça sur
plusieurs de ces boîtes funèbres. Les grands prêtres-rois de la XXIe dynastie en vinrent
ensuite à mettre là des momies contemporaines aussi bien que celles des générations passées.
C'est ainsi que beaucoup de membres de leur famille s'y trouvent et nous fournissent par les
inscriptions qui les accompagnaient des détails curieux sur cette période.

Tous les objets de valeur facilement transportables avaient été, du reste, depuis longtemps
vendus par les Arabes. C'est ainsi que M. Brugsoh-pacha eut en sa possession : le xopes ou
sabre de guerre de Thoutmès III (roi au nom duquel est gravée une fort belle bague d'un
travail splendide qui est actuellement proposée au musée de Louvre) ; la palette de scribe de
Ramsès II, achetée par le musée du Louvre en même temps qu'un certain nombre de petits
objets de même provenance. M. Beneokb céda également à notre collection un chaton de
bague au nom de Thoutmès II, et tout dernièrement encore j'ai eu le bonheur d'acheter un
magnifique pied de fauteuil, en bois sculpté et représentant une femme éthiopienne, provenant
également de Der-el-Bahari. Quant au papyrus de la reine Net'em et à la planchette de la
princesse Nesi-chonsu, j'en ai déjà parlé précédemment. Je viens aussi d'acquérir pour le Louvre
une collection complète des statuettes funéraires des personnages dont les tombes ont été
trouvées à Thèbes. _ (E. R.)

NOTA. En ce qui concerne nos propres lectures voir ci-dessus, p. 323. (E. E.)

LES OSTKACA DE KARNAK.

Pendant l'hiver passé les Arabes offrirent plusieurs fois des Ostraca assez bien con-
servés; quelques-uns m'ayant paru avoir un certain intérêt, une des principales questions que
je me posai pour mon séjour de cet hiver en Egypte, fut de chercher la place, d'où ces
Ostraca provenaient et de m'en procurer une série aussi complète que possible. Je me per-
mets aujourd'hui de rendre compte du résultat de mes recherches afin d'attirer l'attention
des savants sur ces Ostraca, qui, maintenant que les Arabes ont appris que l'on pourrait leur
attribuer une certaine valeur, commenceront probablement à parvenir en plus grand nombre
aux collections de l'Europe.

L'emplacement, dont les Ostraca de l'année passée provenaient, se trouve dans les ruines
au Sud du Grand temple de Karnak et paraît avoir été connu des Arabes depuis plusieurs
années. Une inspection de la place montra qu'on ne trouvait pas les Ostraca comme à Élé-
phantine dans des tas de poterie, restes d'un bureau ancien, mais que les Coptes des premiers
siècles, qui avaient bâtis les villages couvrant la surface de Karnak, avaient pris des débris
de pots anciens pour fortifier avec eux les briques non cuites, avec lesquelles ils construisirent
leurs maisonnettes. Une partie de ces débris portaient des inscriptions et furent employés sans
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