Revue égyptologique — 2.1881

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Eugène Bevillout.

lémée Alexandre, cette coutume change et la partie qui, dans le contrat, s'oblige envers
l'autre ', signe en bas de l'acte, après le notaire2.

Évidemment, il y avait eu quelque abus criant, quelque procès scandaleux. Un notaire
aura fabriqué, après coup, un acte qui n'avait jamais existé — en inscrivant sans doute au
revers des noms de témoins jnorts_.à J^époque du faux — et l'on aura voulu rendre impos-
sibles des crimes de ce genre, en exigeant les signatures des parties. De là un irpoorerf-|*a
rendu dans ce sens, à l'époque indiquée plus haut ; car il n'a fallu rien moins qu'un décret
royal pour changer la coutume. Le droit résultant des lois politiques (toXitixo! voiaoi) et des
décrets, (4rç<ptqjwaa ou lepooraYUorca,) est mis, par le papyrus grec Ier de Turin3, en parallélisme
d'opposition avec le droit résultant des lois du pays, (tyjç ywpaç, vojaoi). Nous avons, en effet,
déjà eu l'occasion de voir combien les décrets avaient sur beaucoup de points modifié la
législation égyptienne 4 ; et le papyrus de Turin nous en donne lui-même quelques exemples.
Plusieurs des conditions relatives à l'authenticité des contrats appartiennent à ce droit tout
administratif des décrets 5.

Remarquons d'ailleurs qu'après avoir exigé déjà relativement à certains actes tout de
signatures d'employés, comme garantie, on devait naturellement en venir à demander la
signature de l'auteur même du contrat.

(La suite à un prochain numéro.)

LE PAPYRUS GREC 13 DE TURIN.

Jugement par défaut emportant la liquidation forcée des biens

d'un débiteur.

Le papyrus grec XIII de Turin a été, pour la première fois, publié par Peyron, à la
fin de son second fascicule des papyrus de Turin. Cet illustre maître disait à ce propos :
«Quantum me hic Papyrus torserit, non est quod dicam. Enimvero lectu est difficilis, mul-
»tis que scatet lacunis, quae contextum passim abrumpunt; accedit graecitas ipsa barbara
»voces inusitatas praeferens, ac syntaxis a linguae indole plane abhorrens, ut idearum séries
»potius ab universo contextu, quam a syntaxis rationibus sit colligenda. Quare posteaquam
»iterum ac tertio ad hune Papyrum legendum atquc interpretandum accessi, solidasque
»horas consumpsi, facile vidi conatus meos frustra cessuros esse, neque illius enarrandi fore
» facultatem, donec alius affinis Papyrus in lucem prodeat, quoeum comparari possit. Meorum

1 Les contrats égyptiens sont toujours unilatéraux. Quand on fait une obligation mutuelle — dans un
partage par exemple — on rédige deux contrats.

2 Voir les papyrus 2411 et 2464 du Louvre, 224 et 225 de la Bibliothèque Nationale 374, 280 a et b
de Le37de, etc., etc., tous signés par les parties.

3 Voir p. 4 du papyrus 1. 13 à 23, et p. 7 du même papyrus, 1. 36 et suiv. (p. 33 et 39 de l'édition
de Peyros).

4 Voir, en particulier, notre article intitulé : L'omnipotence des femmes et le décret de Philométor sur
Vautorité maritale. Revue, 1880, p. 136 et suiv.

5 Voir plus haut.
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