Revue égyptologique — 2.1881

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Eugène Révillout.

LA FEMME ET LA MÈRE D'AMASIS.

Dans un précédent article publié dans la Revue (1880, p. 51) nous avons donné quel-
ques détails sur la famille d'Amasis.

Nous avons vu notamment que Champomjon 1 avait parfaitement établi l'alliance con-
tractée par Amasis dans la famille d'Apriès. Il nous suffira de rappeler le rocher de Silsilis
« qui nous montre, d'un côté, le roi Amasis offrant des présents à Ainon et à Maut, de l'autre
côté, la divine épouse, l'étoile du dieu, Anchnas, royale fille de la reine Nitocris2 et du roi
Psammétique II, faisant des sacrifices à Amon et Chons-nofre-hotep». C'est cette reine3 Anch-
nas dont le tombeau, maintenant à Londres, fut pillé et le corps brûlé dans l'antiquité, en
même temps que le corps de son époux, par Cambyse vainqueur. Il ne peut rester à ce sujet
l'ombre d'un doute : Amasis avait bien épousé la propre sœur d'Apriès.

Mais il est un point qui était loin d'être établi, c'est qu'il descendait lui-même de la
souche royale. Tout ce que j'avais pu faire c'était d'indiquer qu'il avait pour mère Taperu
et qu'il avait été premier ministre de son beau-frère. Cela m'avait paru être prouvé d'une
façon très nette par l'inscription suivante du Musée du Louvre que j'avais déjà reproduite
dans le travail cité plus haut :

«Prince, compagnon du roi, maire du palais, chargé de la salle du trône, chef des
» salles divines, en possession des secrets et de toutes les paroles du roi, dans le cœur de
»son seigneur, en possession de ce cœur, intendant des palais royaux4, chef du trésor Ahmôs
» se Neith Uah-ab-ra, enfanté par Taperu. »

1 Voir Champoixion-Figéao, Egypte, p. 375, et Brugsch, Histoire d'Egypte, édition française, p. 25G et 264.

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3 Amasis a ensuite épousé aussi ( A Q ^ BQ^Û i Tent /eta qui fut la inère de son fils Psam-
métique iii, et qui a aussi les honneurs du cartouche et Os^q'^^J) Sebast également qualifiée 1
mais dont le nom est sans cartouche. Cette Sébast fut la mère du fils royal Asr V ® Psenchons. (Voir

Koniysbuch, n° 648 et suiv.) N'oublions pas non plus Ladiké, la fille do Critobule, dont nous parle longue-
mcnt Hérodote. Ce ne furent, sans doute, pas les seules femmes d'Amasis. Une de ses filles, Tsetèsé

(^'Ik.^'^-fl'^j a l5al'f°'s aussi 'es honneurs du cartouche, bien qu'elle soit seulement appelée royale fille

0¥)-

4 Notons que ce titre de maire du palais, chef des palais royaux, avait acquis une grande importance
pour les rois égyptiens, qui avaient fini par prendre les habitudes des rois orientaux et ne plus sortir de
leur palais. «Le maire du palais, en possession de tous les secrets du roi», le représentait pleinement au
dehors et pouvait, s'il le voulait, le remplacer lui-même. C'est ce que fit Amasis, et les stèles éthiopiennes
publiées et traduites par MM. Mariette, Maspero et Pierret nous montrent les mêmes habitudes en Ethiopie.
Les gouverneurs des palais royaux d'Ethiopie nomment le roi, désignent la reine comme prêtresse, etc.

Ces fonctionnaires sont nommés 1^. ! C-ni. ° «sur-intendants des palais royaux». (Voir mon tra-

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vail : Taricheutes et Choacliytes dans la ZeUsckrift de 1880.)
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