Revue égyptologique — 2.1881

Page: 150
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150 Eugène Revillout.

Il nous resterait à parler des sommes qui sont payées en argent dans les pensions. Mais
ceci rentrerait plutôt dans notre travail sur les monnaies. Qu'il nous suffise de signaler une
curieuse équivalence. Dans le papyrus grec n° II du British Muséum on nous indique que la
portion de la solde des militaires qui était payée en numéraire s'élevait à 150 drachmes de
cuivre par mois (1800 par an ). C'est juste, d'après le calcul que nous expliquerons plus loin,
ce que Petèsé, fils de Chonouphis, assure en numéraire à sa femme dans le papyrus 373 a
de Leyde. Il lui promet, en effet, par mois «sept grosses pièces (d'airain) et 5/io; en sekels
(d'airain) 37 et demi, sept grosses pièces et 5/io> en tout, en airain dont l'équivalence est de
24 (grosses pièces) pour 2/io (d'argenteus d'argent fin)», c'est-à-dire 150 drachmes de cuivre,
qui font pour une année 1800 drachmes1.

Oii ne saurait désirer une concordance plus exacte.

Notons, avant de finir, que les jumelles ne recevaient rien en numéraire, mais tout en
céréales ou en huile, tandis que les soldats touchaient toute leur solde en céréales et en argent.
Ce dernier mode se retrouve également dans trois contrats memphitiques2 que nous avons déjà
signalés. Dans deux contrats de mariage la pension est même totalement supprimée3. Mais
alors l'épouse reçoit comme équivalence le tiers de tous les biens présents et à venir du mari.

DONNÉES MÉTEOLOGIQUES DES PRÊTS DE BLE.

Commençons par dire que, dans les prêts de blé de Thèbes, on se servait, sous les
Lagides, d'une mesure différente de celle usitée dans les prêts de blé de Memphis.

Nous avons déjà eu l'occasion d'indiquer plus haut que cette grande mesure thébaine
contenait cinq fois l'artabe. Nous en avons la preuve positive dans un papyrus qui porte à
Berlin le n° 103 1 et que je viens d'avoir l'occasion de revoir pendant ma dernière mission.

1 D'un côté, Ameiihotoi) parle par an de « 00 grosses pièces (d'airain), 300 sekels (d'airain), 60 grosses
pièces en tout en airain dont l'équivalence est de 24 (grosses pièces) pour 2/,0 (d'argenteus d'argent fin), c'est-à-
dire seulement 1200 drachmes d'airain (chiffre que nous retrouvons dans le papyrus 219 de la Bibliothèque
nationale cité plus haut p. 113, note, et mentionnant 5/io d'argenteus par an ou 1200 drachmes de cuivre)».
D'une autre côté, le contrat de Marseille, donné ci-dessus, et le contrat publié p. 2 de ma Nouvelle Chresto-
mathie, indiquent un argenteus et 2/iu Par all> c'est-à-dire 2880 drachmes de cuivre. La pension des soldats
se trouve entre ces chiffres. Mais il faut remarquer que le plus souvent la pension accordée aux femmes
est encore double de celle que nous venons d'indiquer en dernier lieu et comprend deux argenteus et 4/1(J ou
57(30 drachmes de cuivre (voir Nouvelle Chrestomathie, p. 4 et 110, le papyrus 2433 du Louvre et le contrat
d'Héreius publié ci-dessus p. 93). Il est vrai que, dans ce dernier contrat, le mari reconnaît devoir une
certaine somme à sa femme. Cette somme est bien plus forte encore dans le papyrus XIII du Louvre et
3265 du Louvre. Elle s'élève alors à 500 ou 1000 drachmes d'argent. Aussi le mari promet-il alors de
donner à sa femme 60 drachmes d'argent par an. Mais c'est en qualité d'intérêts, comme le prouve, du
reste, la réclamation de Chonouphis. Ceci ne rentre donc plus dans les pensions ordinaires (voir plus haut
p. 124 et suiv.).

2 Voir plus haut p. 93, 94, note, et 133, note 2. Conf. le papyrus XIII de Turin, publié ci-dessus,
p. 124 et suiv.).

3 Voir Revue, 1'° année, p. 113 et 115. La requête grecque d'Amadocus que j'ai publiée et com-
mentée, ibid., p. 109 et suiv., avait trait à un mariage avec communauté do moitié. Là encore il n'y avait
pas de pension annuelle.

4 Je l'avais déjà publié dans ma Nouvelle chrestomathie démotique, p. 121 et suiv.
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