Revue égyptologique — 2.1881

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Le serment décisoire chez les Égyptiens.

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ses vaisseaux et dont un des sanctuaires était à Tanis, en un roi de Syrie; ami d'Isis et
de son fils, le roi légitime de l'Egypte. De là tout le récit amplifié de Plutarque au sujet
du roi et de la reine de Byblos '.

Ceci n'est, bien entendu, qu'une pure conjecture sur un sujet intéressant, et qui mériterait
d'être étudié par nos confrères en égyptologie.

LE SERMENT DÉCISOIRE CHEZ LES ÉGYPTIENS.

(Suite\)

§. I. — Serment pour décider la question de possession légale

ou pidéicommis.

C'était sous le règne du roi Harmachis — pendant la révolte nationale de la plus
grande partie de l'Egypte contre Ptolémée Epiphane et généralement les Grecs - - révolte
que j'ai racontée dans un précédent travail3. Un certain Panas, fils de Pilous, pastophore
d'Ainon Api, habitant la capitale du roi insurgé, avait été mis par sa mère Taamen en pos-
session de divers biens appartenant à celle-ci et en jouissait tranquillement quand Taamen
vint à mourir. Aussitôt deux autres enfants que Taamen avait eus de ses deux mariages
c'est-à-dire Osoroer, fils de Pilous, frère de père et de mère de Panas, et ïanofre, fille de Pse-
min, sa sœur de mère seulement, demandèrent à partager avec lui pour ceux des biens qu'il
occupait, avant tout règlement de comptes, et, pensaient-ils, à leur préjudice. Ils lui inten-
tèrent donc une action en restitution à laquelle Panas s'opposa eu affirmant que ces biens
lui avaient été donnés en pleine propriété sans aucune clause impliquant retour à la succes-
sion. On lui déféra à ce sujet le serment décisoire qui fut accepté par Panas et dont yoici
la copie authentique :

«Copie du serment qu'a fait Panas fils de Pilous, pour invoquer Djom*.

« Adjuré soit Djom qui repose à jamais avec tout dieu qui repose avec lui au sujet
» des biens que je possède aujourd'hui et qu'Osoroer et ïanofre veulent m'obliger à rendre,

la Nubie qui y touche (voir le Dict. géogr. de Bitucscn, p. Glô). Notons que c'est également à Elépliantine
qu'au contraire, selon l'inscription de la planche 22, citée plus haut, Set était réfugié quand il défia ses
ennemis, et qu'Hor hut, accompagné d'Isis, alla l'attaquer. C'est là une nouvelle preuve de la diversité des
traditions qu'on a fusionnées à Edt'ou.

1 M. Brucsch, (Dict. géogi:, p. 90, 899—902, 925 et 959), a donné la clef probable. Selon la stèle
de Metternich, d'accord avec Hérodote (II, 1G5), et les documents cités plus haut, la naissance d'Horus et
les accidents qui l'accompagnèrent auraient eu lieu aux confins extrêmes de la Syrie, à Natho |(jcS:|
^\^î) de Buto, dans les marais de ®JJ|Jj^<|^>^ (XW{ d'Hérodote). Quant à Byblos, ce serait, une
confusion avec {jer^^^^ mot désignant le papyrus, le BjJjXo; des Grecs.

2 Voir le précédent numéro de la Revue 1880, p. 180 et suiv.

3 Voir la Revue archéologique, nov. 1877, p. 32g ej su;v ^ ma Chrestomathie démotique, p. LXXXVI et
suiv., la Zeltschrift 1879, p, 131 et l'un des prochains articles de la Revue sur la Chronique démotique de Paris.

4 Le Djom dont il est question ici n'est pas celui que Cuamfollion nommait ainsi (ce qui reposait
sur une fausse lecture). Djom paraît un surnom d'Amon de Djême (otn«.c), surnom que l'on trouve dans
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