Revue égyptologique — 2.1881

Page: 278
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Eugène et Victor Revillout.

Nous allons maintenant examiner l'ensemble de cette œuvre si singulière, mais si in-
téressante, tant en ce qui touche l'histoire littéraire de l'Egypte et spécialement la poésie et
la métrique de cette époque, qu'en ce qui touche la pratique médicale usitée dans les temples
de Sérapis et d'Esculape, à laquelle se forma d'abord le grand médecin physiologiste Gallibn.

(La suite à un prochain numéro.)

EEVITE BIBLIOGRAPHIQUE.

M. Droysen vient de faire une nouvelle théorie numismatique qu'il a communiquée le 2 février 1882
ù l'Académie de Berlin sous le titre : «Zum Finanzwesen der Ptolemiier.»

Dans son dernier chapitre, proprement monétaire, ce savant est parti, d'une part, de la communi-
cation que j'avais faite en septembre dernier au Congrès de Berlin, d'une autre part, d'une ancienne théorie
indiquée dubitativement avant 1861 par M. Birch, théorie que cet illustre maître a complètement aban-
donnée.

De notre travail ', il avait appris indirectement par ouï-dire que nous assimilions maintenant, avec
M. Lenormant, un kerker démotique, le plus ordinairement employé dans les actes, au talent de cuivre de
G000 drachmes et le sekel au tétradrachme, (en admettant même des sekels de cuivre, à une certaine
époque, lors de l'isonomie,) et que nous avions attribué une grande importance à une pièce de cuivre de
70 à 72 grammes (dont nous faisions l'argenteus de cuivre).

Du travail antique de M. Birch, il avait appris que le (outen ou ten) pouvait, peut-être, être

comparé avec la mine.

Il voyait de plus, dans un passage (cité par lui) de notre Nouvelle Chrestomathie, comment M. Maspkro
avait cru pouvoir comparer à l'outen la pièce d'argent du papyrus de Boulaq que M. Chabas en distingue
avec juste raison et dont la sigle se trouve en démotique à la seconde période lagide dans la série de
groupes qui sert à distinguer l'argenteus d'argent du nouvel argenteus de cuivre.

De toutes ces notions recueillies au hazard, il a élaboré le système suivant:

L'argenteus — mentionné depuis Darius dans les contrats et dont nous connaissons, à l'époque pto-
lémaïque, la composition, l'alliage quadrimôtallique (4/5 "io V30 Yen Ygo)> la valeur, quadruple de celle du
nouveau sekel ou tétradrachme d'argent ptolémaïque, tyrien et juif"2, et la fonte, comme monnaie sacer-
dotale, dans le temple de Ptah de Memphis — serait la drachme d'argent ptolémaïque.

Le sekel — monnaie d'argent bien connue (d'un peu plus de 14 gr.), à laquelle les Juifs de cette
époque donnaient le nom de sicle bpT (indiqué sur leurs coins même), tout aussi bien que les Égyptiens etc.
— ne serait plus partout et toujours qu'un tétradrachme ou sekel de cuivre (monnaie qui n'a existé que
chez les Egyptiens seulement et à partir de l'isonomie des monnaies d'argent et de cuivre).

Enfin le kerker ("133 ou tfincojp talenium) deviendrait toujours un talent do cuivre.

Le sekel étant comme poids le quadruple de la drachme d'argent et celle-ci étant assimilée à l'ar-
genteus valant cinq sekels, il s'en suivait une proportion de valeur de 1 à 20 entre l'argent et le cuivre.
Mais, d'une autre part, comme toutes les fois qu'il est réellement question dans les actes démotiques des
nouvelles monnaies isonomes de cuivre, on les distingue des monnaies d'argent de même nom en disant:
■<argenteus (ou sekel) de cuivre, dont l'équivalence est de 24 pour Vio»! ce 1ui établissait, ainsi que je
L'avais dit, la proportion de 1 à 120 entre l'argent et le cuivre, M. Droysen voulut aussi concilier cette
donnée inconciliable avec ce qu'il avait dit du sekel. Il admet que, dans cette formule unique, publiée par
exemple dans ma Chrestomathie, p. 400 : «je te donnerai 5000 argenteus, 2 myriades et 5000 sekels, en
«argenteus 5000 en tout, ce qui fait 16 kerker plus 200 argenteus d'airain, dont l'équivalence est de 24
«pour Vio»; il faut distinguer deux parties : l'une purement historique, l'autre indiquant le cours réel. La
mention constante d'après laquelle cinq sicles valent un argenteus donnerait la proportion de 1 à 20 entre
le cuivre et l'argent, proportion d'après laquelle aurait été établi le monnayage de cuivre lors de la fon-
dation de l'empire lagide, tandis que la seconde indiquerait le cours actuel, cours variable. On aurait pu

1 M. Droysen a seulement oublié d'indiquer cette source, et il prend même la peine de combattre nos anciennes opinions par
nous réfutées au Congrès de Berlin devant ceux-là même qu'il cite comme ayant collaboré avec lui. Seulement, il n'a pas plus compris
nos premières appréciations que nos nouvelles conclusions, et il le reconnaît modestement.

1 Et, de par un bilingue cité plus haut, vingt fois plus grande que celle de la drachme.
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