Revue égyptologique — 2.1881

Page: 186
DOI issue: DOI article: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/revue_egyptologique1881/0224
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
186

Lettre de M. Oppert etc.

que l'on a pris, paraît-il, pour le plan d'un édifice, ne peut être, si je ne me trompe, que le
plan du mur d'enceinte d'une ville fortifiée, avec ses portes, ses tours de défense etc. Il
paraît évident, en effet, lorsqu'un édifice se réduit, comme dans le cas actuel, à son mur
extérieur et ne contient aucun mur de refend à l'intérieur, que le mur extérieur ue peut
être, daus ce cas, que rectangulaire ou circulaire et ne présente jamais la série bizarre
d'angles saillants et rentrants que l'on remarque ici.

Lettre de M. Oppert, de l'Institut, à M. Revillout, sur les données tnétrologiques des
nouvelles statues assyro-chaldéennes du Musée du Louvre.

Mon cher ami,

La lettre de M. Aurès nécessite quelques observations de ma part. Je lui sais bon gré
d'avoir reconnu que l'empan était, chez les Chaldéens comme chez les Juifs, l'unité fonda-
mentale, surtout pour la dérivation des mesures cubiques : mais les faits, tels qu'ils se pré-
sentent et auxquels il faut sacrifier des idées préconçues et erronées, m'obligent, à mon regret,
de contredire presque toutes ses assertions.

Nous voyons deux fois, comme dans le songe d'Athalie, la même mesure de 270 (271)
millimètres. J'ai fixé, dans mon Étalon des mesures assyriennes, la mesure fondamentale, le U',
entre 0"' 2625 et 0m 27425, selon qu'on admet pour la coudée Om 525 et 0m 5485. D'après
Boeckh et Vasquez Queipo, on arriverait à 0m 267 par Babylone. Nous la retrouvons ici.

Les mesures ont toujours eu un caractère sacré; nous rencontrons, deux fois, la même
mesure déposée dans deux temples, pour que les fidèles puissent se les procurer. Qui pourra
croire que la même échelle, confiée à deux statues, divisée deux fois en soixante parties, ne
soit pas une mesure, et que la construction mathématiquement exacte de deux étalons de
270 millimètres chacun, n'ait servi que pour un cadastre?

Cela est d'autant plus inadmissible que, sur la même statue ainsi sur presque toutes
les autres, l'empan, le U, est mentionné, et que des mesures sont exprimées dans cette unité.
Même plus, sur la statue du plau, quatre fois on se sert du qa, le bath ou l'épha, qui n'est
autre que le cube de la mesure, ciselé dans une des matières les plus dures, le diorite.

Les inscriptions cadastrales, que j'ai seul examinées jusqu'ici, établissent l'existence
d'une canne à sept U, à vingt-quatre doigts. C'est une toute autre échelle et partant d'une unité
bien plus grande. Ces mêmes noms sont employés comme des mesures agraires. Un doigt
agraire signifie 168, le U 4032, et la canne 28224 doigts carrés.

On n'a jamais nié la sousdivision par les puissances de deux; moi-même, j'ai signalé
dès longtemps le poids du Louvre qui marque 22'/2 grains, le seizième de 360. Mais, dans
l'espèce, nous avons la division sexagésimale, comme les textes la donnent.

J'ai exposé le sujet au Congrès international des Orientalistes, à Berlin, le 13 sep-
tembre 1881. Il y a sur la mesure entière (A), la division en soixantièmes, ce qui résulte
des traits espacés

1 Les cinq petites mesurent sur A, 0»021, sur l'autre, 0°022. De 60 à 52'/2, il y a : 0" 018, 0» 022,
0i"033. Puis il y a de l'autre côté, sur B, 0m 045. C'est surtout sur B que les traits sont tirés avec soin.
loading ...