Revue égyptologique — 2.1881

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Aug. Makiette-pacha.

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signifiant en bon grec mourir avec et non accomplir, paraît également bien certaine sur le papyrus. Le mot
est assurément autre et plus long que la forme auv-eXsaoci qui conviendrait ici.

— Quant aux fautes d'impression, elles sont innombrables dans ce numéro. C'est ainsi que dans ce
même papyrus on a écrit 0av7]Ti au lieu de 0aur,-i, comme plus loin, p. 144, AroW.oviov pour AnoXXuvtov, aov pour
aou, p. 73 -aa-jaic pour ^aarj|j.iç, p. 265 oyooo-jv pour oyooov, p. 267 EyeipoyiJ.açi'iacV pour £7_apoypa<p7]aEV, p. 123,
note, ouyya^oouXa? pour auyypae>o:?uXa£, p. 204, note, -/pqaouç (deux fois) pour ypuaouç, p. 80 tsixo; pour tei/oç,
p. 209 talantum pour talentum, p. 214, note, Nicanor pour Nicator, p. 218, note, Akantas pour Acanthus,
p. 124, 1. 15, tout pour tant, même page multis que pour multisqiie, p. 100, note 3, 4 Epiphi pour 13 Epiphi,
p. 57 qu'ils fut, p. 80 lybique et spbynx, p. 72 les premiers phases, p. 59 la phrase citée plus haute, p. 07
et 72 toute entière et toute autre, p. 64 et 72 Révillout au lieu de Révillout, etc., etc.

Pour toutes ces fautes et pour une multitude d'autres nous demandons l'indulgence du lecteur1.

E. R.

AUG. MARIETTE-PACHA.

La France vient de perdre une de ses illustrations scientifiques et l'égyptologie un de ses plus
fervents adoptes : M. Mariette est mort le 18 janvier dernier (1881).

M. Mariette fut une des gloires de notre Louvre et il aimait toujours à rappeler son titre de con-
servateur-adjoint-honoraire du Musée égyptien. J'ai donc cru devoir demander à M. de Eonchaud, directeur
des Musées nationaux, la permission de me servir de nos archives pour rédiger la notice de celui qui fut
parmi mes prédécesseurs le plus illustre et qui d'ailleurs voulut bien m'honorer de son amitié. Cette per-
mission, je l'ai obtenue. Tout ce que je dirai donc sera de la plus rigoureuse exactitude. C'est le seul
mérite auquel je prétende, après tant de récits faux ou inexacts publiés jusqu'ici.

M. Mariette naquît le 12 février 1821 à Boulogne-sur-Mer, dans la Aille haute, si poétique, tout près
de la cathédrale. Il jouait dans son enfance, m'a-t-il dit, sur la porte du vieil hôtel où j'ai l'habitude de
descendre. Je ne m'entendrai pas sur ses premières aunées : — la plupart des détails qu'on a donnés
à ce sujet paraissent apocryphes — et d'ailleurs c'est à l'égyptologue que nous avons affaire.

M. Mariette était professeur2 au collège municipal de Boulogne quand une circonstance imprévue
vint décider de sa vocation; ce fut, nous a-t-il raconté, l'acquisition d'un certain nombre d'objets égyptiens
faite par le Musée de Boulogne. Les objets en question — que j'ai souvent examinés, lors de mes visites
à M. Mariette à Pout-de-Briques, — n'ont rien de bien particulièrement intéressant; mais ils piquèrent
vivement la curiosité du futur égyptologue, qui se mit aussitôt à dévorer toutes les publications relatives
aux hiéroglyphes et consistant alors seulement dans quelques travaux de notre immortel Champollion, de
M. Birch et de M. Lepsius. C'était le moment ou deux autres maîtres — MM. de Rouge et Brugsch —
commençaient eux-même leurs études. Mais leurs plumes, qui devaient être si fécondes, n'avaient encore
produit aucune de ces grandes œuvres de déchiffrement qui les illustrèrent plus tard3.

M. Mariette avait — j'ai eu souvent l'occasion de le constater par moi-même — l'intelligence d'une
très rare perspicacité et d'une très rapide compréhension. Aussi se mit-il vite au courant de ce qu'on
connaissait à cette époque. Il lui tardait de pouvoir pousser plus loin ses recherches en face des monu-
ments originaux.

Depuis quelque temps, tout s'était trouvé en désordre dans l'organisation de notre Musée égyptien1.

1 A la page 312, à propos de Miss Amelia Edwards, critique si distingué de the Academy pour les études égyptiennes, nous
n'avons pas pu, faute d'avoir reçu les renseignements à temps, dire qu'un de ses romans les plus célèbres, Vllistoire de Barlmra, après
un très grand nombre d'éditions et des traductions dans tontes les langues, avait eu enfin, cette année, en France, le suprême honneur
■d'être contrefait, démarqué, et publié sous un autre nom.

1 Dans le tome IV de la Revue archéologique, p. 777, on lisait cette bibliographie : «— Lettre à M. Bouillet sur l'article Bou-
logne de son Dict. d'histoire et de géographie par M Aug. Mariette, Paris, Leleux. 1847, in-8°. — Cette lettre est toute une dissertation
d'un modeste et savant professeur de Boulogne sur les noms des villes anciennes dont ce port occupe actuellement l'emplacement. L'auteur
a cherché à combattre l'opinion soutenue par Ducange et d'après laquelle le portas leius de César correspondrait à Wissant. A ses
yeux il faut reconnaître dans ce portas la ville qui a porté les noms de Gesoriacum et Bononia, enfin la Boulogne actuelle. Quant â
Wissant, M. Mariette croit qu'il a été fondé vers la fin du VIe siècle, à l'époque où les premiers pirates saxons formèrent des établisse-
ments dans le pays .... Cette dissertation fait honneur à l'érudition et à la critique de son auteur.»

1 Comme l'a montré M. Wallon, les premiers essais égyptologiques de M. de Bougé sont de 18-10 et 1847. M. de Bougé avait
alors donné dans les Annales de philosophie chrétienne des détails intéressants sur les dynasties égyptiennes, et publié plusieurs bons
articlos dans la Revue archéologique (tome IV, p. 115, -178, 731). En janvier 1818. M. Brugsch, alors élève de la première classe dans
le gymnase royal de Berlin, fit paraître, de son côté, son remarquable travail intitulé : Scriptura Kg. demotica, dont M. de Bougé rendit
compte très élogicusement dans sa Lettre à M. de Saulcy, publiée par la Revue archéologique, 1848, p. 321 et suiv. Dans le même volume,
p. 311, parut une autre note, de la même main, sur une courte inscription de Semné. Mais c'est surtout de 1810. (depuis l'entrée de
M. Mariette au Musée égyptien), que datent les grands travaux égyptologiques de M. de Bougé.

* M. de Rougé déclare ceci expressément dans l'inventaire du Musée égyptien : «Le Musée ayant été complètement déclassé et
» bouleversé et M. le Conservateur ayant trouvé à son entrée en fonctions la plupart des monuments égyptiens dépourvus de leur numéro
»et transportés, sans ordre, hors de leur place primitive, il a été indispensable de procéder à un nouveau classement général.»
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