Revue égyptologique — 2.1881

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Paul Pieeeet.

qu'il en soit du reste, l'affaire était définitivement décidée. Amenhotep put rester tranquillement
dans sa maison de Thèbes et l'année suivante il faisait même soutenir en justice par Dinon,
l'avocat des choachytes, que le règlement interdisant aux paraschistes le séjour de la vieille
capitale était pleinement tombé en désuétude et ne pouvait plus être appliqué.

LE GEOTJPE fiftj^, O 'MJL> ^tîl-

En examinant de près la valeur et la forme du groupe % pehti, on est amené

à des remarques très intéressantes pour l'étude de la mythologie. J'eu ai déjà dit quelques
mots dans mon Essai sur la mythologie égyptienne (p. 37) et dans mon Panthéon égyptien
(p. 25), mais je crois nécessaire d'y revenir plus en détail.

M. Birch a, le premier, assigné au groupe % _^ la lecture pehti et Emmanuel de

Rouge lui a attribué le sens « vaillance, force » généralement adopté. J'estime que la signifi-
cation fondamentale et dominante est « force ».

«Ce mot, dit M. Chabas (Pap. mag. Harris, p. 27), qualifie généralement les rois
» conquérants et les dieux qui prirent part à la guerre typbonienne, notamment Phra, Set,
» Horus et Scbou.» L'action peht a en réalité, pour effet de renverser les ennemis du soleil
(Pap. mag. Harris, I, 23; Hymne à Osiris de la Bibliotbèque nationale, 1. 9), d'inspirer la terreur
aux animaux malfaisants : « Les reptiles sont tenus renfermés f\ fl ^5 ' '—^ °
n j] par la crainte de ta force, ô Ammon!» (Pap. mag. Harris, VIII, 3, 4). C'est la force
et non la vaillance qui fait reculer les animaux.

Pehti est en parallélisme avec 22. qui exprime la crainte que produit l'ardeur

des feux du soleil : ■_D J^fz^\\ ^ _o i i i ^tres d'Ammon dans l'Hymne de

Boulaq), «maître de la force1, maître de la crainte». Enfin l'identité de A ° ^ «force»
avec "QÇ) est prouvée par ce passage de la stèle du songe où le roi éthiopien est dit ^7
Q û s=%\ $ ^, m. Q (I Sry^ jj 5 0 =55= « maître de la force comme Mentou, maître

de la force comme le lion terrible (Nofré-Toum)», ^_^ " ^ «l'intensité de ta force»

dit Isis à Ramsès II (Abydos, 1, 23). Cette énergique expression me semble bien confirmer
le sens que je propose.

Pehti est une attribution solaire : il indique un elfet de l'astre au plein de son rayonne-
ment; il exprime la force de son ardeur.

Si nous considérons le groupe au point de vue de l'idéographisme originel nous voyons
que l'idée «force» est rendue par l'image partielle du lion. Bien de plus naturel que ce symbo-
lisme; il n'a pas besoin d'être commenté. Le lion symbolisant donc la force lumineuse de
l'astre est devenu un emblème solaire des plus caractérisés : il supporte l'horizon d'où émerge
le disque (Tableau du Chap. XVII du Todtenbuch), il sert de qualificatif (Todtenbuch, CLX1I)
et d'image au soleil levant; Nofré-Toum, représenté parfois avec un corps de lion, figure aussi

a pour variante ^_—^ _0 (cf. nies Études ér/ypt., I, G6).
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