Revue égyptologique — 2.1881

Page: 345
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sur LA CACHETTE DÉCOUVERTE A DeR-EL-BAHARI.

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Depuis 1872 M. Mariette, M. Maspero et nous-même; nous nous étions préoccupés de
la provenance exacte d'un grand nombre d'objets rapportés d'Egypte et qui appartenaient
à une même époque ou — en grande partie — aux mêmes personnages. Nous avions réussi,
grâce à M. de Saulcy, à faire entrer au Louvre l'un des plus importants, le papyrus de la
reine Net'em, dont le Musée de Londres acquit aussi une partie, tandis que le colonel Campbell
achetait celui du grand prêtre Pinot'em et que deux autres documents du même genre étaient
arrivés au Musée de Boulaq. M. Mariette avait essayé inutilement de savoir où étaient situées
les tombes royales retrouvées ainsi par les Arabes, et au commencement de son séjour en
Egypte les efforts de M. Maspero avaient été aussi infructueux. MM. Mariette et Maspero
soupçonnaient cependant surtout un nommé Abd-ul-rassul d'être l'auteur de la découverte.
M. Maspero l'avait même fait arrêter pendant son séjour à Thèbes en mars-avril 1881, sans,
pour cela, obtenir aucune révélation. M. Maspero eut alors l'idée de faire offrir officiellement
par le gouvernement égyptien une somme assez forte (de plusieurs milliers de francs) à
l'arabe qui divulguerait ce secret. Ce fut d'abord en vain. Heureusement Abd-ul-rassul avait
deux frères qui connaissaient également la cachette. Un jour, ils se disputèrent pour une
valeur de quelques sous sur des ventes d'objets antiques faites à leur commun bénéfice. L'un
d'eux se déclara lésé et alla aussitôt trouver Daoud-pacha, le moUdir de Queneh, auquel il
demanda s'il était bien vrai qu'on avait promis telle somme à celui qui indiquerait les tombes
royales. On lui répondit que cela était vrai. Il donna alors tous les renseignements désirés et
le moudir télégraphia sur le champ cette bonne nouvelle au Khédive, qui manda à Alexandrie
le conservateur adjoint du Musée, M. Émile Brugsch-bey (le frère de l'illustre égyptologue
Henri Brugsch-pacha), et lui transmit la dépêche. M. Brugsch avait reçu de M. Maspero,
avant le départ de celui-ci, les instructions nécessaires pour le cas échéant. 11 se rendit
aussitôt à Louxor avec Ahmed-epfendi-Kemal, secrétaire interprète du Musée, et fit charger
sur le bateau à vapeur de l'administration (en juillet 1881) tout ce que renfermait le puits
de Der-el-bahari. Quant à l'arabe auquel on devait la révélation, il reçut à peu près toute
la somme promise.

Les cercueils découverts sont au nombre de 29, dont sept de rois, neuf de reines et
princesses et sept de personnages divers. Parmi les momies de rois on trouve celles des plus
illustres monarques de l'ancienne Êgypte : Thoutmès III, Séti 1er et Ramsès II, le Sesostris
des Grecs. On a aussi les cercueils de Raskenen-taaken, d'Ahmès I01', d'Aménophis Ier, de
Thoutmès Ier (usurpé par le roi Pinot'em), de Thoutmès II, de Ramsès 1er. Parmi les cercueils
de princesses on voit ceux de la reine Ahmès-nofrari, de la reine f^j^l©^] HonMa-
m-hou et de la princesse sa fille (jj ^ "jj | ^ j ^fj Mas-hont-ta-m-hou, de l'épouse royale
w/w.^oJ An-se-ra, de la princesse Set-Amen, de la reine Net'em du temps de Herhor,
fondateur dë la XXIe dynastie, (reine dont le papyrus funéraire est au Louvre,) de la
reine ^o^^zz^J Mont-em-hat, de la reine (o^j_fj Makeri, de la reine [^°*° "
Tiou - Hatlior - liont - Taui, de la princesse Nesi-chonsu ® 1%J)^ au nom de la-

quelle a été écrite la planchette, contenant un décret d Amon, que le Louvre a récemment acquise
de M. Rogers. Enfin on remarque également plusieurs cercueils de princes, particulièrement de la
XXF dynastie. Je citerai par exemple celui du grand prêtre d'Amon Pinot'em, fils de Pianchi, petit-
fils de Herhor, celui-là même dont le papyrus funéraire est entre les mains de colonel Campbell.

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