Revue égyptologique — 2.1881

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Eugène Revillout.

niaient ce passage d'une de ses lettres 1 : Evoj sviwvta opco xovvjpa. BXî^o) Mevé§v)nov scararpe-

^ovra jj,£.......îpvaç Ta TTîpc ÀtoXXoviov2 y.a; fi rcept cauiov a*pi(3a)ç, oxcoç cSco.-ayamw y«P ^îfi

aov. En effet, dans notre texte démotique, Apollonius racontait de tristes visions 3. Un homme
lui disait : Apollonius, tu es Grec; et Hormen, qui est Égyptien, t'a dénoncé au grand
prêtre4. Ailleurs, c'était un impie qui le menaçait dans le temple. Ailleurs encore, il était
dans sa maison, et il voyait son frère passer en pleurant. Mais ce n'était pas là les seules
préoccupations d'Apollonius. Un autre de ses rêves concernait la vierge Tavé, l'une des
jumelles du Sérapeum, avec laquelle il entretenait des conversations sentimentales tant sur
elle-même que sur sa sœur Taous. Le papyrus de Leyde5, qui contient, en grec, les songes
recueillis par son frère Ptolémée, montre, du reste, des préoccupations analogues. Le vieux
reclus voyait Tavé, à la douce voix, qui chantait, et Taous, au beau grand pied, qui riait'1.
Il enregistrait soigneusement aussi les propres rêves de Tavé ". Or, nous avons justement
affaire aujourd'hui à deux rêves de Tavé, cette fois rédigés par elle-même, en démotique.

C'est à M. Golenischeff, l'aimable conservateur du musée égyptien de l'IIermitage,
que je dois la communication de ce document :

«Ier (rêve).

« Je me vois à Memphis. — On me dit : l'eau de l'inondation montes et menaceft
j>Néphoris à Pamen.

«(En effet,) ma mère se tenait debout sur le sommet ,ft.

«Je déposai mes vêtements ". — Je plongeai droit devant moi. — Je nageai12 vers elle

» du côté du nord. — Je la pris et l'emmenai depuis là à l'Anubéium.......— Je parlai

»avec elle en disant : Celle qui te protège m'a accordé, pour la seconde fois, de te protéger.

1 Lettre d'Apollonius à Ptolémée (papyrus grec 44 du Louvre).

2 II s'agit de son autre frère Ptolémée, Vépistate de VAnubéium, auquel il écrivait, en même temps, dans
le papyrus 45 du Louvre : Opco sv tou u-vcdi tov 3pa-£3r)v (sic) MeveSijuqv «vcixetixEvov r;[juv. Le transfuge Méné-
dème, dont il est ici question et qui poursuivait Vépistate Apollonius de son inimitié, était son prédécesseur
dans l'intendance de l'Anubéium (résidence de l'administration civile et militaire du Sérapeum). Ptolémée,
dans une de ses pétitions au stratège Denis, le prie de donner ses instructions : Msvsor)p.tot ttoi zapa ao-j ev
-mi AvoupiE'.wi (papyrus B du Vatican). Ceci se passait en l'an 19 et les lettres d'Apollonius sont de l'an 29.
La famille de Ptolémée avait fait son chemin.

3 Bévue, 1880, p. 161 à 102 et planche 1G.

4 Évidemment à Psintaés «Vépistate des temples» composant le Sérapeum et qui était aussi appelé
apx'.EpEu; (v. Papyrus de Leyde, p. 16 et 42 de l'édition Leemans). Psintaés était Égyptien; et, comme l'a
fort bien prouvé M. Brunet de Presle, {Sérapeum, p. 19 et 20), «Ptolémée^ comme Grec, était en butte à
l'animadversion des prêtres égyptiens du temple>. Il dit lui-même : «les gens du temple sont méchants et
ils m'attaquent parce que je suis Grec» {ibid., p. 20). 11 en était de même pour son frère.

5 Édition Leemans, p. 118—119.

G Otfxat t7]v Tau7jv eùoovov ouaav xou 7]5urEpat vr^ cptovrçi /.ai sy BiaxètjXEVTjv, xàt opco T7jv Tao'uv YEAtoaav, xoti
tov rcooa au-D); [AEyav, xaOapov (papyrus C de Leyde).
' Ibid.

8 ïïmoot mcç. Voir le décret de Canope dans ma Chrestomathie démotique, p. 149 à 150.
10 Mot à mot : je plaçai (ou j'établis) mes vêtements à bas; tc>.ço e£pa.i (ou eipiu) signifie bien déposer.

JAA/WV\ ^
*w« (Brugsch, Dicl., p. 747).

12 Mot à mot : elle m'a accordé cette autre protection pour que je l'accomplisse (nti-er-f) et que je
te sauve (nti-suti-t, conf. cote).
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