Revue égyptologique — 2.1881

Page: 336
DOI issue: DOI article: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/revue_egyptologique1881/0418
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
336

E. Naville.

«J'ai eu déjà l'occasion au Congrès de Florence d'exposer les raisons qui nous avaient
«conduit à modifier la résolution originelle du Congrès de Londres et à nous borner à une
» édition hiéroglyphique de l'époque des dynasties XVII à XX, appelée de non-conventionnel
«d'édition thébaine. En effet, l'étude des documents nous avait prouvé qu'il reste fort peu
»de chose de l'Ancien et du Moyen Empire, je ne saurais citer aujourd'hui que le sarco-
» pliage d'une reine de la XIe dynastie actuellement détruit, sauf un petit fragment qui est
» arrivé au British Muséum avec la collection Harris; le texte de ce sarcophage en écriture
» hiératique nous est connu par une copie qu'en avait faite Sir Gardner Wilkinson. Un autre
«sarcophage de la même époque et également au British Muséum est actuellement en voie
»de publication ; enfin, les documents les plus complets du Moyen Empire, les sarcophages
»de Mentuhotep et de Sebekaa du Musée de Berlin, sont familiers à tous les égyptologues
» par la belle publication qu'en a faite M. le professeur Lepsius. Voilà pour l'époque anté-
rieure aux dynasties thébaines. Quant à la limite à laquelle nous devions nous arrêter à
» l'autre extrême, elle nous était toute tracée d'avance. On sait qu'à la fin de la XXe dynastie
»les prêtres d'Ammon réussirent à s'emparer du pouvoir et à fonder cette dynastie d'usur-
»pateurs probablement alliée aux Kamsès par les femmes, et dont l'histoire vient d'être
«éclairée d'un tout nouveau jour par les belles découvertes de Thôbes. C'est à cette époque,
»sans aucun doute, que l'intelligence du Livre des Morts hiéroglyphique se perdit et que
» l'usage s'introduisit d'écrire le livre en hiératique. A cette époque aussi, on s'adressa de
»plus en plus fréquemment à des scribes qui copiaient machinalement sans comprendre les
«signes qu'ils avaient à tracer; aussi tous les papyrus hiéroglyphiques de la XXI" dynastie
«sont tellement incorrects, à commencer par le plus beau, celui de la reine Net'emt, déposé
«moitié à Londres et moitié à Paris, qu'il était impossible de les employer pour une édition
«critique et que nous avons dû forcément nous arrêter à la fin de la XXe dynastie......

«Notre ouvrage comprend donc les textes hiéroglyphiques de la XVI1P à la XXe dy-
nastie, ces derniers étant surtout représentés par les chapitres tirés des tombeaux des Kamsès
»à Biban et Molouk, que sont loin déjà d'être des modèles de correction. Dans ce champ
«qui paraît si étendu, il serait facile de prouver que les papyrus les plus importants, ceux
«qui ont servi de base à notre travail, à savoir à Londres 9900 et 9964, à Paris III i,
» III 85 et III us, et le pap. de Mesemnetcr, sont des textes de la XVIIIe dynastie conteui-
«poraine des Thotmès et des Aménophis. Cela ne veut pas dire que le livre ait une couleur
«exclusivement thébaine. Chose remarquable, il y a autant de ressemblance entre deux textes
«dont l'un a été écrit à Thèbes et l'autre à Memphis que s'ils provenaient tous deux de la
» même nécropole. »

M. Naville explique ensuite que les papyrus de l'époque thébaine étant de longueur
fort inégale, et aucun d'eux ne renfermant tous les chapitres contenus dans le Todtenbuch
publié par M. Lepsius, il a fallu recomposer le livre d'après plusieurs textes, en sorte que
deux chapitres qui se suivent peuvent être de provenance différente. Presque tous les cha-
pitres du Todtenbuch ont été retrouvés, et il est venu s'en ajouter 43 autres pour la plupart
inédits. C'est là le contenu du premier volume qui renferme aussi toutes les variantes des
vignettes. Ces illustrations, dont il y a moins que dans les textes d'époque plus récente, dif-
fèrent souvent beaucoup de celles du Todtenbuch.
loading ...