Revue égyptologique — 2.1881

Page: 355
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LA PARTICULE COPTE xm, crm.

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marquent bien plus l'ÉTAT, la MANIÈRE D'ÊTRE que l'action;

Il est impossible de trouver l'idée d'action dans =c.ihrcot, penmeter.
Bien plus Peyron donne, selon moi, la véritable valeur de 2cih, <rin quand il traduit :
crimiKOTH par ratio, modus dormiendi, requies,
o-mcon^ par vitae institutum, ratio.
Cette puissance de =cih, o-m n'est pas moins incontestable dans :
crmeoiTCM., auditus, sensus auditus;
criiiTÊÉo, puritas, mundities.
Or l'orthographe A Q {J J rappelle le mot antique A (j ^> J, A (j J j etc. pour la
signification exacte duquel j'invoquerai l'autorité de M. Chabas. Il résume ainsi l'étude
qu'il a faite de ce mot : «La signification de /i^^^ (j J^-^ nous a été révélée de la ma-
nière la plus manifeste. Aux valeurs forme, ressemblance, portrait'', il convient d'adjoindre
celle de mode, manière, état d'être et sous toutes ces acceptions le mot se dit des hommes
comme des animaux et des choses inanimées2».

Les déterminatifs J, ^jj, employés concordent parfaitement avec toutes les signifi-
cations du mot.

La signification «ordre» donnée à ce mot par M. Rbvillout convient aux passages
du texte de Rosette où il est employé seul; mais il ne peut plus s'appliquer aux mots com-
posés, et là M. Revillout hésite ou traduit par le grec. Je pense que dans les passages
cités on peut fort bien traduire ® ° (j ^ <=> □ A (j (] J par « toute chose en dehors

de sa nature, de son état naturel»; ou <@> 0 ^_j t| ^| et ja U Q Q J Par :

« en état, en bon état ou dans l'état naturel3 ». Dans les mots composés, nous avons l'emploi
justifié et de plus en plus développé de la racine antique.

En résumé, je crois que crm, 2tm viennent de l'antique A{|Jdans sa signifi-
cation mode, manière d'être, état, — qu'on la trouve déjà en composition dans les textes
classiques (XIXe dynastie) — que l'usage en devient plus fréquent à l'époque ptolémaïque,
dans les textes démotiques surtout — qu'enfin elle passa en copte dans une acception plus
étendue. Après avoir signifié l'état, la manière d'être d'une chose ou de la personne qui fait
l'action, (acception souvent conservée en copte) elle en vint à exprimer, dans d'autres mots,
l'action elle même, et les mots composés avec <rm, se multiplièrent4.

1 C'est le copte thêbain cra. forma.

2 Chabas, Voyage d'un Egyptien, p. 240.

3 Ce qui conduit facilement au sens du copte 2ti epo, convenire atieui (conf. Peyron, Lexicon, p. 378, coi. 2).

4 M. Kevillout me signale que M. Bkugsch, dans son Dictionnaire que je n'ai pu consulter, a déjà
donné des exemples du rapprochement de la forme démotique et du cm copte (p. 1438).

NOTE DE LA RÉDACTION.

Si l'on concède que M. Baillet n'ait jamais consulté le dictionnaire de Bruosch, où, aux pages 1437
et 1578, se trouvent fort bien expliquées les origines de s"m et de sum, il n'est pas possible d'admettre
qu'il n'ait pas lu dans ma Chrestomatkie les exemples mêmes auxquels il renvoie et sur lesquels portent
ses critiques. Or nous avons vu plus haut, p. 351, 353 et 354, la critique trois fois répétée de ma transcrip-
tion pour un mot dômotique qui se rencontre dans les décrets de Rosette et de Canope (et que
M. Brugscu, Dict. 1537, lit comme moi, lecture forcée pour tout homme habitué au démotique). Cette
transcription st&Xo ne se trouve pas pour le décret de Canope à la page 139 de ma Chrestomathie, à laquelle

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