Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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LES ARMURES ET LES ARMES ANCIENNES.

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les mérites du goût. Elle occupe, elle aussi, une salle entière, et là brillent
certaines pièces du plus grand intérêt par leurs dates et leur pureté de
forme. Nous aurons plus tard à les désigner et à les décrire. Elles pro-
viennent en général des achats faits à l’étranger par M. Riggs, qui,
depuis longtemps déjà, s’occupe de les rechercher dans ses voyages.

Quelques-unes lui viennent de l’ancienne et célèbre collection
Meyrick, à Londres. Elle fut en grande partie, nous l’avons déjà dit,
achetée depuis quelques années pour l’admirable anneria de sir Richard
Wallace, à Hertford-House.

Après la salle réservée à M. Riggs, se trouve la collection composée
de harnais militaires réunis par les princes Czartorysky et le comte Dzia-
lynsky. Elle présente un très bel et très curieux ensemble d’armes polo-
naises datant du xvie et du xvne siècle.

Voilà pour les vraies collections. Ensuite se produisent à l’état de
groupes seulement, les armes exposées par MM. Basilewsky et par le
baron Adolphe de Rothschild, puis viennent les curieuses armes de
M. Gay, celles de bronze de M. Odiot, les épées de M. Dupasquier et
celles de basse époque de M. Henri.

Enfin, en terminant par les musées, on voit, pour celui de Saint-
Omer, un très remarquable groupe d’épées des xme et xive siècles, et,
pour celui de Lyon, des pièces d’armure de cheval dont tout le monde
au”a remarqué la beauté décorative. Elles rappellent la précieuse série
exposée en 1867 par M. Benjamin Fillon.

Hélas ! il n’y a de Y Anneria Real de Madrid au Trocadéro que
quelques beaux spécimens, en bien trop petit nombre ; il faut s’en
étonner.

On se demande comment il se fait que l’Espagne, qui possède tant de
trésors, depuis l’épée gothique dite de Roland et le glaive du roi Saint-
Ferdinand jusqu’aux impériales armures ciselées par Colman, ne nous
ait envoyé que si peu d’objets.

E. DE BEAUMONT.

{ La suite prochainement.)
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