Revue égyptologique — 2.1881

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Comparaison des mesures égyptiennes et hébraïques.

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en admettant également la proportion de 2/3 à 1 pour calculer Tartane ptolémaïque, donnent
à cette artabe 5 modius chiffre inexact 2, mais qui permettait la proportion d'environ %
(avec la différence d'un 18° dont on ne tient pas compte). (Mais en ce cas on prend à la
fois pour base la proportion établie par la dernière réforme, et les chiffres donnés par Héron
comme représentant l'avant-dernière.) Ceux qui, au contraire, partent simplement de la nou-
velle réforme, comme Saint-Épiphane et le traducteur de Héron, Calvus, disent très nettement
que l'artabe romaine a 3 modius3 et l'artabe ancienne 4,/2> ce qui est exact. C'est d'après
ces chiffres de la deuxième réforme que le 6e de l'artabe, o-s-ome ou oiçiv4, n'eût plus que 4
chénices (uçyj) au lieu de 6 ; le chénice ou oçyj 5 est, en effet, estimé encore jusqu'au temps de
Saint-Épiphane à 2 çectyjç, comme à l'époque ptolémaïque.

C'est aussi d'après ces chiffres de la deuxième réforme romaine que sont calculées à
Alexandrie les mesures hébraïques isométriques de l'artabe. Le bath a ainsi tantôt 3 modius
(48 çsc/tïiç), et tantôt 50 £eim]ç ; son 10e, le gomor, 5 gecnjc. Le cor a 30 modius (480 Ssotyis),
c'est-à-dire dix fois le bath-artabe de 48 Çectjjç. Le lethech a 15 modius, cinq fois le bath-
artabe de 48 Çenvrfi, etc.fi

Mais il faut noter que toutes ces mesures restèrent particulières aux juifs d'Alexandrie
et des ports égyptiens circonvoisins. La réforme ptolémaïque, faite en Judée même et avant
la dispersion, subsista dans tout le reste du monde, et c'est d'après elle et d'après le bath-
épha-artabe de 72 çegtï;ç que les rabbins calculent, ainsi que l'ont fort bien établi les chiffres
indiqués par AVaser. En Egypte même, la dernière réforme alexandrine ne survécut pas à
la domination romaine, comme le prouve l'assimilation déjà citée du lethech au 31*T"IN, ardob ou
ardeb arabe.

Ce n'est pas tout. Non seulement la nouvelle réforme ne réussit pas dans le monde
judaïque, mais encore elle ne réussit pas davantage dans le monde proprement égyptien.

Nous pouvons, en effet, constater qu'à côté de la nouvelle artabe, Partabe-métrète de
72 Çeqrijç subsista sous le nom de métrète géorgigue. Le mot géorgigue est à noter, car il
indique que l'artabe de 48 £e<rojç était surtout une mesure de ville, tandis que la métrète7
de 72 zzc-.rtz restait au moins pour les liquides la mesure des campagnes.

Cette mesure se divisa elle-même : et sa moitié (l'ancien apet) est Yamphoreus*géorgigue
qu'il faut distinguer soigneusement de l'amphore romaine.

1 Hultsch, 224, 13; 245, 28.

2 En calculant d'après ces modius, Saint-Isidore attribue à l'artabe ptolémaïque 80 Çsdn)?, au lieu de
72. C'est par des calculs de proportion du même genre que l'auteur reproduit par Eusèbe et Saint-Épiphane,
s'appuyant, d'une part, sur la notion de la réduction d'un tiers que le bath, ses multiples et ses divisions
avaient éprouvée à l'époque romaine, et, d'une autre part, sur une évaluation encore exacte et puisée ailleurs
des deux hin hébraïques (l'ancien ou sacré et le grand ou ptolémaïque), a augmenté d'un tiers la con-
tenance de ces doux mesures, devenues simplement historiques, leur donnant à l'une 9 Çecttïj? au lieu de 6,
et à l'autre 18 au lieu de 12. Il avait, sans doute, entre les mains un savant traité de métrologie, semblable
à celui de M. Saigey, et il a fait des confusions semblables à celles que M. Thiollet a introduites dans
la Bihle de Cohen.

3 Hultsch, t. Ier, p. 277, t. II, p. 145, 26.

4 Hultsch, t. 1°'', 322, 21. Voir aussi Waser, p. 73.

5 Hultsch, t. I", 278, 1; 272, G. 7; 262, 1, 18: t. II, 101, 10. Voir aussi Wasek, p. 73.

6 Hultsch, t. II, 117; t. Ier, 260, 261, 271, 277, etc.; t. Ier, p. 100, 101 et 121.
" Hultsch, p. 204, 230, 236, 264, 272, 277.

8 Hultsch, p. 230 et 236.
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