L' art: revue hebdomadaire illustrée — 5.1879 (Teil 4)

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NOTRE EAU-FORTE

Le tableau de M. Gustave Jacquet, la Première arrivée,
qui fait partie de la collection de M. Alexandre Dumas, a été
l'un des plus charmants succès du dernier Salon de Paris. Des
le premier jour nous nous étions adressés à l'auteur et à l'ac-
quéreur de cette œuvre distinguée afin d'obtenir l'autorisation
de la faire graver. Cette autorisation nous a été accordée de
part et d'autre avec autant d'empressement que de bonne grâce.
Si nous avons tardé à publier la planche que M. Léopold Fla-

meng a gravée pour l'Art d'après ce tableau, c'est que nous
avons donné à nos illustrations du Salon de 1879 un dévelop-
pement qui ne nous a pas permis de les joindre toutes à notre
compte rendu. Mais nos abonnés n'auront rien perdu pour
attendre. La belle eau-forte que nous leur offrons aujourd'hui
sera bientôt suivie de quelques autres qui peuvent se passer
également de l'attrait de l'actualité instantanée, et qui complé-
teront le Salon de l'Art.

NÉCROLOGIE

— La mort de M. Edwin Edwards, dont les journaux
d'outre-Manche nous apportent la triste nouvelle, enlève
à l'école anglaise un artiste de valeur. Homme d'une
gi ande honorabilité, lettré, amateur de musique, peintre
distingué, paysagiste consciencieux, Edwin Edwards était
surtout un aquafortiste d'un vrai talent. Il n'a jamais con-
quis une grande popularité, mais ses eaux-fortes sont très
appréciées des artistes et des connaisseurs; non pas
qu'elles se distinguent par une originalité exceptionnelle,
mais la variété de ses études, son observation attentive,
le soin de l'exécution, la naïveté du sentiment, ces traits
divers composent en somme une phvsionomie individuelle.
Il avait notamment gravé d'après nature des vues des col-
lines et des côtes anglaises.

M. Fantin-la-Tour a peint un superbe portrait d'Ed-
win Edwards, feuilletant un carton d'eaux-fortes en com-
pagnie de sa femme '.

— L'Angleterre vient de perdre également un des
doyens de son école d'architecture, Edward Blore, dé-
cédé le mois dernier, à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Con-
temporain de John Carter, ami de Thomas Rickman et
de Sir Walter Scott, avec lesquels il étudia les arts du
moyen âge, il fut l'un des initiateurs du style néo-gothique.

La restauration du chœur de Westminster-Abbey est
l'un de ses derniers travaux. On lui doit aussi la façade de
Buckingham Palace, la maison de Walter Scott, et un
grand nombre d'édifices privés. Il a illustré l'Histoire de
Russie de son père, Thomas Blore, et publié avec 30 plan-
ches d'après d'anciens monuments un grand ouvrage
intitulé The Monumental Remains 0/ Noble and Eminent
Persons. Depuis cinquante-cinq ans. il faisait partie de la
Société des Antiquaires. Il était aussi membre de la Royal
Society et avait le titre honorifique de docteur de l'Uni-
versité d'Oxford.

— Le peintre américain William Morris Hont vient
de mourir âgé seulement de cinquante-quatre ans. Après

1. Salon de Paris, 1S75. Voir l'Art, r" année, tome if, page 137.

avoir travaillé à Dusseldorf, puis à Paris, dans l'atelier de
Couture, il devint l'ami de Millet. En 1855 il rentrait aux
Etats-Unis et s'établissait d'abord à Newport, pour se
fixer ensuite à Boston.

William Hunt a peint tour à tour le portrait, le
genre, l'histoire et le paysage. Professeur, il a groupé
autour de lui un grand nombre d'élèves , et publié
en 1875, sous ce titre : Talks on Art, le résumé de ses
doctrines.

Chargé de décorer la grande salle du nouveau Capi-
tole d'Albany, il choisit pour sujets Ormiqd et Ariman et
Ulysse et les Sirènes. Pendant la guerre de la sécession,
il a fait beaucoup de tableaux d'actualité militaire. Il a
exécuté aussi un recueil de lithographies reproduisant
des vues, types et scènes pittoresques de Paris.

— Un artiste qui s'était fait une réputation comme
dessinateur de types et costumes, et dont la collaboration
était recherchée des éditeurs de livres et journaux illustrés,
Théodore Valerio, né à Herserange, en Lorraine, alors
Meurthe-et-Moselle, vient de mourir à Vichy, âgé de
soixante et un ans. Il avait à peine vingt ans lorsqu'il
exposait au Salon de 1838 un Corps de garde flamand,
tableau qui ne passa pas inaperçu. Depuis lors, sans aban-
donner tout à fait la peinture il se consacra principalement
à l'illustration. Dès le début de la guerre d'Orient, en
1853, il partait pour la Turquie; à la suite de l'armée
d'Omer-Pacha, il parcourait les provinces de l'empire
ottoman, les principautés danubiennes, les frontières mili-
taires, et poussant jusqu'en Hongrie, il recueillait les
éléments d'une curieuse collection ethnographique, —
dessins, aquarelles et pastels, — qui récemment encore
ligurait à l'Exposition universelle de 1878 dans le pavillon
d'anthropologie. Valerio fut l'élève et l'ami de Charlet.
Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1861, il avait
obtenu une troisième médaille au Salon de 1859 dans la
section de lithographie.

Le Directeur-Gérant, EUGÈNE VÉRON.
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