L' art: revue hebdomadaire illustrée — 5.1879 (Teil 4)

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CHRONIQUE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE

France. — L'Académie des beaux-arts doit, dans sa séance
du 8 novembre, entendre lecture des lettres des candidats à la
place d'académicien libre, vacante par suite du décès de M. le
baron Taylor.

— Par arrêté du ministre de l'Instruction publique et des
Beaux-Arts, en date des 16 septembre et 13 octobre 1879, ont été
nommés membres de l'école française de Rome, pour l'année
scolaire 1879-1880 : MM. Berger, de la Blanchère, Delaville,
Le Roux, Durrieu, Engel-Dollfus, Lacour, La raye, Martin,
Thomas.

— Une excellente mesure vient d'être prise par le gouverne-
ment pour ne point laisser perdre les innombrables dessins que
notre éminent et regretté collaborateur Viollet-lc-Duca disper-
sés dans les divers chantiers de l'État où il dirigeait des travaux
d'architecture. Sur l'initiative de la commission des monuments
historiques et particulièrement de M. Juste Lisch, les trois mi-
nistères des Beaux-Arts, des Cultes et des Travaux publics font
recueillir dans toutes les agences de travaux, où le maître regretté
exécutait des restaurations de monuments historiques, les
détails graphiques de toute nature qu'il donnait aux architectes
et aux entrepreneurs. Ces dessins précieux devront prendre
place dans le musée de l'art français qui va être organisé au
palais du Trocadéro.

— Le buste de la République. — La Ville de Paris ouvre
deux nouveaux concours : le premier, pour le buste de la Républi-
que destiné à être placé dans la mairie du XIIe arrondissement
et à servir de type pour les autres établissements municipaux.
Ce buste aura un mètre de hauteur non compris le piédouche.
Le second, pour une face de médaille représentant les figures
de la République et de la Ville de Paris; cette médaille aura
om,o75 de diamètre. Les projets devront être déposés au palais
des Tuileries, pavillon de Flore, avant le 16 décembre prochain ;
l'exposition publique commencera le 18 et durera huit jours. Le
jury, présidé par le préfet de la Seine, sera composé de huit
membres ; deux délégués par l'administration, trois nommés par
le conseil municipal et trois nommés par les concurrents. Tout
artiste, sculpteur ou graveur, qui en fera la demande, recevra le
programme du concours. Il devra, à cet elfet, s'adresser au bureau
des beaux-arts, palais des Tuileries (pavillon de Flore), ;ro divi-
sion, ier bureau de la direction des travaux.

Allemagne. — Le troisième volume du compte rendu des
fouilles allemandes d'Olympie, publié par MM. E. Curtius,
F. Adler et G. Treu, vient de paraître à Berlin, chez Wasmuth.
Il est illustré de trente-huit planches, et passe en revue les dé-
couvertes faites pendant l'hiver de 1877 et le printemps de 1878.

— L'Allemagne va avoir son Académie de Rome. Elle a l'ait
l'acquisition de la Casa Bartholdy sur le Monte Pincio. Cette
habitation est ornée de peintures et de fresques des maîtres
allemands Cornélius, Veit et Schadow, achetées par le consul
général Bartholdy au commencement de ce siècle. Dix-sept ate-
liers d'artistes, dont sept pour les sculpteurs, y seront aménagés.
Le prix d'acquisition est de 300,000 francs, et le gouvernement
dépensera encore une centaine de mille francs pour réparer le
local et l'approprier à sa nouvelle destination.

— Le graveur Joseph Kohlschein, de Dlisseldorf, vient dé-
terminer une gravure au burin d'après la Sainte Cécile de Raphaël.

_ Un tableau attribué à Michel-Ange est exposé à Munich.
C'est une Pieta qui rappelle le groupe sculpté par le maître,
sauf que dans le tableau la Vierge est entourée de deux Anges.
Le tableau, qui vient de Raguse, passe pour avoir été peint par
Michel-Ange pour un évéque de ses amis; il appartient depuis
des siècles à la même famille. On le dit authentique, on cite les

autorités qui se prononcent pour l'authenticité, on invoque une
lettre de Vittoria Colonna qui semble faire allusion à ce tableau.
Tout cela est possible, mais on conçoit qu'à distance nous nous
bornions à mentionner le fait.

Angleterre. — L'exposition des tableaux, aquarelles et
eaux-fortes de feu Edwin Edwards s'ouvrira en novembre dans
les Continental Galleries, 168, New Bond Street, à Londres.

— Les expositions d'oeuvres d'art, dans les Indes anglaises,
après avoir été essayées timidement, y ont promptement obtenu
le plus complet succès et sont devenues tout à fait populaires.
Les deux dernières expositions qui ont été ouvertes, l'une à
Poona, l'autre à Simla, l'emportent de beaucoup sur toutes les
précédentes ; celle de Simla contient un choix fort remarquable
d'œuvres dues à des artistes indigènes.

— The Examiner a entrepris, avec un complet succès, la
publication des portraits des contemporains illustres nés dans le
Royaume-Uni. Sa première planche reproduit les traits de Dar-
win; depuis ont paru les portraits d'Alfred Tennyson, le poète
lauréat, et celui de l'historien Thomas Carlyle. Un portrait tiré
hors texte accompagnera chaque numéro hebdomadaire.

— The Antiquary, tel est le titre d'un nouveau « Magasine »
qui paraîtra mensuellement à partir de décembre prochain sous
la rédaction en chef de M. Edward Walford. Les questions d'art
y occuperont une très large place.

— Une conférence de notre éminent collaborateur, M. Fre-
derick Wedmore, sur les peintres anglais vivants est annoncée
dans le programme des Monday afternoon lectures de la London
Institution qui commenceront le décembre prochain.

— M. Frank Holl, A. R. A., a terminé le portrait de M. Ru-
pert Kettle, juge de la cour du comté de Worcestershire. Oll'crt
à ce magistrat à l'occasion du vingtième anniversaire de sa nomi-
nation, ce tableau ligurcra à la prochaine exposition de la Royal
Academy de Londres.

— Une chaire de beaux-arts vient d'être ouverte au King's
Collège à Londres.

— L'Academy apprécie en ces termes le mémoire dont notre
collaborateur et ami M. Comyns Carr adonné lecture au Con-
grès des sciences sociales de Manchester :

« Chacun sait que depuis quelque temps déjà M. Comyns
Carr étudie sérieusement les moyens d'étendre le contrôle de
l'État dans les affaires d'art, et se déclare fort mécontent du
système actuel d'administration à bâtons rompus qui fleurit en
Angleterre. Mais il n'avait peut-être jamais exposé ses idées avec
plus de clarté, de méthode, de conviction et de modération que
dans le mémoire qu'il a présenté dernièrement au Congrès des
sciences sociales à Manchester, et qui avait pour objet l'adminis-
tration des beaux-arts en Angleterre. Nous avons reçu commu-
nication de cet essai, insuffisamment résumé par la presse
quotidienne, et nous l'avons lu avec un vif intérêt, car il exprime
en un style agréable et limpide des opinions profondément mû-
ries. Sans entrer dans la discussion de savoir si l'intervention de
l'État en matière d'art est bonne ou mauvaise, et partant de ce
principe qu'une grande majorité est favorable à cette intervention
dans certaines limites, M. Carr soutient que les Anglais sont fort
en arrière dans l'application méthodique du principe. La pre-
mière partie de son mémoire est narrative, historique et critique.
La seconde est pratique et positive; après avoir signalé le mal,
l'auteur cherche le remède ; il préconise la centralisation, l'unité ;
il demande que les intérêts de l'art soient représentés dans les
conseils du gouvernement par de hauts fonctionnaires investis
de pouvoirs assez étendus pour les surveiller et les contrôler.

L'Academy termine cette analyse, que nous ne pouvons
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