L' art: revue hebdomadaire illustrée — 5.1879 (Teil 4)

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Ornement tiré du manuscrit latin, n° 8846, à la Bibliothèque nationale, xn< siècle.

NOTRE BIBLIOTHÈQUE

CL1

Le Costume au moyen âge d'après les sceaux, par G. Demav, siologic morale. La simple observation ne leur sufKt plus. Dans
sous-chef de la section historique aux Archives natio- ^ leur passion pour la science, ils s'efforcent de lui prendre et les

nales. — Un volume grand in-R jésus, contenant 600 gra-
vures et 2 chromolithographies. — D. Dumoulin et O.
Paris, 1879.

epuis une quarantaine d'années, on

procéde's et les termes les plus incompatibles avec les méthodes
littéraires. Ils tiennent absolument à s'approprier l'expérimenta-
tion des sciences physiques et chimiques et ne peuvent se rési-
gnera comprendre qu'ils se heurtent fatalement à une impossibi-
lité matérielle. Le « document humain » est ce qu'il est et ne se
s'est beaucoup occupé de l'histoire du j prête pas aux dosages, modifications, transformations et vérifica-
costume. Cela fait partie de cette tions qui confirment ou démentent les hypothèses du chimiste,
immense enquête qui se poursuit de ^ Pour vouloir trop prouver, ils retombent dans la fantaisie qu'ils
tous côtés sur le passé. Les hommes se proscrivent si durement.

trouvent pris de passion pour la vérité Cette tentative malgré ses exagérations inévitables aura du

vraie, pour les réalités constatées. La reste plus d'un bon résultat, et personne n'est moins que nous
folle du logis longtemps dominante, i disposé à la condamner. Il est bon que l'art même et la littéra-
ture, déviés par la fantaisie, se ramènent aux faits et reprennent
dans l'observation et le respect de la réalité vivante une base
solide. Mais c'est surtout dans l'histoire que cet effort portera
ses fruits. L'étude du costume présente à ce point de vue une
importance considérable, car, avec celle de l'habitation, aucune
avoir laissé l'imagination, la fantaisie prendre en toutes n'est plus propre à nous initier aux habitudes privées et publi-
chosesun empire auquel elle n'avait pas droit, on en est venu ques de la vie de nos ancêtres. Comme le disent les éditeurs dans
à lui contester son domaine le plus légitime, et aujourd'hui les l'avertissement qu'ils ont placé en tète de ce volume, « on peut
poètes et les peintres prétendent ne plus travailler que sur docu- juger un peuple par la manière dont il s'habille ».
ment authentique, comme les historiens. Les romanciers ouvrent Cependant jusqu'à présent on avait négligé une source d'in-

<les laboratoires où ils font de la chimie humaine ou de la phy- | formations très importante. Ni Viollet-le-Duc ni M. Quicherat

même dans l'histoire, cède à la science
Initiale du xme siècle [a p[ace Jont el[e a abusé. C'est CC
Bibliothèque de Laon mouvemem génénl qui explique Lin-
par I-.douard Fleury.

vasion du réalisme dans 1 art et dans
la littérature. Comme toujours on dépasse la mesure. Après

Mahaut, comtesse Je

Costume armorié. — Margue- ^$3^\&?$$s3y Boulogne, habillée d'un

rite de Quincy, comtesse de ^*$*L&J*^ surcot, fixé à l'encolure

"Winchester. 125}. Elle est vêtue par un fermail précieux,

d'un surcot d'apparat, brodé des Costume de reine. — Jeanne, fille du roi de A sa ceinture pend une

armoiries de sa famille consistant 1- ranec, reine de Navarre et comtesse d'Évreux, aumôniére. Hlle revêt une

en losanges évidés qu'en terme la couronne posée sur ses cheveux flottants, chape attachée par une

de blason on appelle nmV/rî. On est vêtue d'un surcot et d'une chape, et tient bride et porte sur la main

voit, à gauche, ses armoiries et un sceptre fleuronné. 1536. — Ce sceau est un gauche gantée un oiseau

celles de son mari. chef-d'œuvre de délicatesse et de grâce. de vol. 1239.

n'avaient songé à consulter les sceaux. Il est certain pourtant que
comme document, aucun n'a une authenticité supérieure à
celle-ci. Les sceaux ont été de tout temps choses officielles; mais
ce qui est surtout à considérer, c'est que le renseignement
qu'ils donnent relativement au costume est toujours indirect,

involontaire pour ainsi dire, et par là même échappe au soup-
çon. Il est inadmissible qu'il soit venu à l'idée des personnages,
qui, faute de savoir écrire, se faisaient faire des sceaux, de
se faire représenter dans un costume autre que celui qu'ils
portaient.
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