L' art: revue hebdomadaire illustrée — 5.1879 (Teil 4)

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COURRIER DES MUSÉES

XX

I - E M V S É E S A [NT- J E A N , A A N G E R S

Tout d'abord quelques mots sur l'origine de ce musJe d'anti-
quités.

Il fut fondé en 1841, sous l'administration de M. l-'arran,
maire, et soutenu dans ses premiers développements, avec beau-
coup de zèle, par l'un de ses honorables adjoints, M. Guillorv
aîné, président de la Société industrielle.

L'organisation de cet établissement municipal fut confiée
aux soins de M. V. Godard-Faultrier, avec le concours de la com-
mission archéologique de Maine-et-Loire (section de la Société
d'agriculture, sciences et arts d'Angers).

Cette collection, établie primitivement au premier étage du

qui ont l'avantage de faciliter le classement de la collection par
ordre chronologique, de manière que le visiteur, ayant pour point
de départ les travées d'entrée où sont déposés les plus anciens
objets, s'avancedans l'immense salle, jusqu'au fondoù se trouvent
classés les plus jeunes. Cette marche à travers les siècles, outre
qu'elle est logique, facilite le travail d'observation et met dans la
mémoire chaque chose en place. Toutefois, comme il n'est pas,
en cette matière, de règle absolue, cet ordre souffre quelques
exceptions, notamment en ce qui concerne l'emplacement de
certaines vitrines qui exigent d'autres dispositions, car nous
n'avons pas oublié que, si la science a ses droits, l'agencement

logis Burranet (xvic siècle), dans un artistique a les siens, dans une salle

local où se trouve maintenant la sec- où l'imposant coup d'oeil veut être,

tion minéralogique du cabinet d'histoire t*r'> avant tout, conservé ; aussi nous som-

naturelle, y demeura jusqu'à l'an 1851. tPSjfihjCn mes-nous ingénié à disposer les objets

A cette date et par suite de nou- 1^ A d'antiquités, autant que possible, de

veaux plans, tous les objets antiques A\ W façon à faire valoir la beauté de la salle

recueillis depuis dix années furent dé- JÊj W aK f{ WS fc Ê Muii a son touri 'es encadre avec une

posés provisoirement dans des magasins w 'J^vTE^Jr\%' F. grande harmonie.

spéciaux, où ils restèrent jusqu'au moi\ TJjf mW^J^^^^Ê^s^ fi Avons-nous réussi ? Il le faut

de novembre 1814. croire, puisqu'au volume du budget de

A cette époque, ils prirent rang ■■SB T^Î^J^^^^^^^S ? 1879 ville d'Angers) on a bien voulu

près de la Galerie David, dans deux WBMjjB ''■ '^i' ''^f^jwiih^^'^^ ^ nous l'exprimer en termes favorables,

salles (xvnc siècle) qu'ils occupèrent BW||u : jf j| ^'^T^BmÉ^ X * ' Kntre temps, cette nouvelle mise

pendant vingt années. :;/ bBhIII^Ï/ l" ordre du musec appelait la rédac-

Mais ces deux salles, trop étroites flHMj^j HHKJE tion d'un nouveau catalogue, l'ancien,

désormais, durent être abandonnées, ■BfflpP^ -^SHPrTBl d'ailleurs épuisé, ne suflisant plus,

et le furent en etlet non sans quelque HUjj j^S 't^KftÊpW^*M ■ foutefois certaines tendances conti-

hésitation, car les opinions étaient par- JHHffi,-v& tj^ivjsr i&f' ^mi nucroni de s'y manifester : nous ne

tagées sur le point de savoir si cette iT 1rï=1^;:^7i"'Z:" pouvons mieux les faire apprécier

collection serait transportée au char- V /«BPS qu'en citant l'extrait d'un discours du

niant logis Pincé (xvi- siècle), ou sous JBaa^Si^y marquis de la Grange, membre de

les voûtes de la magnifique salle vÈÊÈffl&jffîP l'Institut, qui, à la séance du iS avril

Saint-Jean, ancien hôpital (xii-xiii" siè- nÎEÏÏ^ 1 SCS, parlait ainsi de notre premier

cles), dont M. Port a écrit l'histoire Wr^' inventaire :

d'une façon attachante. jEI A « Ce qu'on y remarque c'est l'esprit

L'administration municipale fort JliH~% dans lequel le musée d'Angers (alors

heureusement l'emporta et se trouvant «Élit/H au logis Barrault) a été formé. L'Anjou

d'accord, avec le ministre W»jViiV y contribue pour la majeure partie ;

de l'instruction publique. v^dfl^ls'VVs? - .-^ c esl 'e résidu de son passe et le sol ;'i

contre certains projets de »■ 1 <vsjv"-:*^3?-- • toutes les époques fournit -'.n con-

iGu e de le m ":-."-.-'•..", âg^^^^^^|^l^^^^^^r^'/ " lingent Ccit< riche collection repré-

eonsentement , prendre * ^*/v ''''-f'^nllKÊÊÊlÊmmu^m^^^^ ~ ' sente donc avant tout l'histoire locale

possession, le 29 novem- '^^^SEP^^^^^vSÏ--'^ ses monuments et Par scs tradi-

bre 1874, de ladite salle " J'Wij. «. . r tions, et voilà ce qui assure à cet

et, j'ose le dire, avec amour. Ostensoir du xti« tiàcL» établissement le concours des popula-

Cette vaste pièce, toute pleine en- provenant du cabinet de ta M. T. Grille. tions.....

eore des souvenirs charitables du Des»in de God«rd. « Tout le monde aime son clo-

grand comte d'Anjou, Henri II, roi cher ; les archéologues autant et peut-

.l'Anglcterre, à vrai dire ne s'écartait pas trop de sa première
destination, car aux centaines de vieux lits où, pendant plus de
six siècles, des milliers et des milliers de malheureux trouvèrent
asile, succédaient les débris de nos antiquités.

Ce rectangle, qui n'a pas moins, dans oeuvre, de treize cent

être plus que tout le monde se passionnent pour leur
nationalité provinciale; les objets qui attirent leur curiosité ne
sont pas seulement les traces et les souvenirs des Celtes, des
Romains et du moyen âge, mais les traces et les souvenirs des
Celtes, des Romains et du moyen âge de l'Anjou. »

cinquante mètres superficiels, est divisé en trois nefs, par quatorze ; Assurément le coté tout angevin dont parle ici le docte-

colonnes médianes et vingt-deux colonnes engagées. Ces trente-
six fûts à bases et chapiteaux romans soutiennent vingt-quatre
voûtes du commencement du xun siècle (style Plantagenet),
hautes d'environ douze mètres à leur clef.

A ces vingt-quatre voûtes correspondent autant de travées

membre de l'Institut domine dans le musée, mais non sans de
nombreuses exceptions, entre lesquelles je dois citer l'Ostensoir
dont j'ai l'honneur d'adresser un dessin ci-contre, fait à la plume
en demi-grandeur. Cet ostensoir provient du cabinet de feu
M. T. Grille ; il fut acquis en 1851 par la ville d'Angers et classé
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