L' art: revue hebdomadaire illustrée — 5.1879 (Teil 4)

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CHRONIQUE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE.

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fréquemment relevée par un certain nombre de détails histori-
ques qui, en expliquant l'emploi de quelques parties, vivifient la
description et lui communiquent un intérêt tout particulier. Ces
détails ont de plus l'avantage de servir de commentaire aux
planches gravées qui complètent l'ouvrage, de manière à nous
faire comprendre certaines représentations qui se rapportent à
des cérémonies particulières, et qui sans cela seraient difficile-
ment intelligibles.

Le seul point où ce livre ne soit pas complet, c'est la des-
cription du Campo-Santo. Mais ce serait là une étude toute
spéciale à l'aire et qui demanderait pour elle seule plus de temps
et d'espace que le chanoine Martini n'en a consacré à tous les
autres monuments de Pise. Il y a au Campo-Santo six cents
sépultures. Il a bien fallu se contenter de décrire et de graver
les principales. Quant aux innombrables peintures murales dont
le Campo-Santo a été décoré par Pietro d'Orvieto, Benozzo Goz-
zoli, Giotto, Buff'almacco, Bondinosi, Guidotti, Massa, Spinello
Aretino, Simone Memmi, Antonio Veneziano, Pietro Laurati,
Andréa Orgagna, etc., etc., il est sans doute fort regrettable que

le chanoine Martini se soit contenté de faire graver les plus im-
portantes, mais nous n'avons le droit ni de nous en plaindre ni
même de nous en étonner.

Les gravures ne sont pas toutes de valeur égale. Il y en a
quelques-unes auxquelles on peut reprocher un peu de séche-
resse. La gravure au burin appliquée à l'architecture et à la
reproduction des objets matériels n'a pas la variété, l'élasticité,
le ressort de l'eau-forte; il lui est difficile de s'accommoder à la
substance des objets jusqu'à rendre le caractère propre de l'enve-
loppe des choses plus ou moins pénétrables à la lumière, comme-
par exemple l'a si admirablement rendu M. Jules Jacquemart
dans les Gemmes et joyaux de la couronne. Mais c'est là une
infériorité inhérente au procédé lui-même, et qui disparaît com-
plètement dans le rendu des fresques et des scènes humaines.

En résumé, cette publication est très belle et aussi utile que-
belle. Il n'a rien été fait qui soit capable de donner un plus vif
désir d'aller étudier sur place les édifices de Pise, ni qui soit en
même temps plus propre à rendre le voyage inutile.

Eugène Véron.

CHRONIQUE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE

France. — L'Académie des beaux-arts tiendra sa séance ;
publique annuelle dans la grande salle de l'Institut, le 18 octo-
bre, sous la présidence de M. Hébert.

Le programme de la séance comprendra : 1" exécution
d'une ouverture composée par AI. Veronge de La Nux, pen-
sionnaire de l'Académie de France à Rome, élève de M. Fran-
çois Bazin; 2° discours de M. Hébert et proclamation des prix
décernés en vertu des diverses fondations ; 30 distribution des
grands prix de Rome, peinture, sculpture, gravure, architecture
et composition musicale; 40 lecture par M. Henri Delaborde,
secrétaire perpétuel de l'Académie, d'une notice sur la vie et les
ouvrages de M. Duc; 50 exécution de la scène lyrique ayant
remporté le premier grand prix de composition musicale, dont
l'auteur est M. Hue (Georges-Adolphe), né à Versailles le
6 mai 1858, élève de M. Reber.

— Le Prix Troyon. — L'Académie a rendu, le 12 octobre,
son jugement pour le prix de paysage fondé par M"" Esthcr
Troyon, mère du célèbre peintre. Le sujet de cette année était
le suivant : Un groupe de vieux chênes, au bord de l'eau et au
pied desquels un pâtre garde des chèvres. Fin de l'été. Pro-
gramme d'une étrange rédaction, comme on voit, bien digne de
l'Académie et de ses amusantes prétentions à réglementer jus-
qu'à la quintessence, jusqu'à la subtilité. Les concurrents — au
nombre de cinquante-neuf — n'ont pas entendu finesse au style
de l'Académie. Ils ont envoyé des chênes ou à peu près, des
chèvres ou quelque chose d'approchant. Quant au pâtre, il s'est
trouvé que pas mal d'artistes l'ont métamorphosé — fatal oubli
des convenances ! — en simple berger. Le tout a été, du reste,
de la plus extraordinaire faiblesse, et parmi ces cinquante-neuf
paysages, on n'en a pu voir aucun qui rappelât que c'est dans
ce genre qu'excellait hier encore l'école française.

Après trois heures de délibération, le jury a décerné les
récompenses suivantes: Prix ; M. Baillet (n° 36); Première
mention : M. Nozal (n° 56); deuxième mention : M. Truffault
(n° 6). On sait que le prix, qui est biennal, est de 1,200 francs.
L'exposition a eu lieu au palais de l'Institut, dans la salle de
M""' de Caen, du 9 au 14 octobre.

— L'Académie rappelle aux intéressés que le prix triennal
de 2,000 francs, fondé par Mm« veuve Chaudesaigues, sera décer-
né cette année. Il est accordé à un jeune architecte, auquel cette
somme est remise afin qu'il puisse séjourner pendant deux ans

en Italie et y terminer ses études. Les concurrents doivent être
F rançais et n'avoir pas trente ans révolus. Après un premier
concours d'essai, douze seront choisis et entreront en loges le
6 novembre pour en sortir le 8 du même mois.

Ville de Paris. — Concours pour l'érection d'une statue-
monumentale de la République. Mardi, 14 octobre, les cinq
sculpteurs élus par les artistes et la commission nommée par le
conseil municipal, réunis en jury, ont prononcé leur jugement.

Soixante-dix-huit projets étaient exposés à l'École des
beaux-arts.

Aux termes du programme, trois concurrents devaient être
désignés pour prendre part à un second essai.

Le choix du jury s'est arrêté sur MM. Gauthcrin, Morice.
Soitoux.

Des mentions honorables ont été décernées à MM. Carrier-
Bclleuse, Dalou, Debrie, Lebourg, Lefeuvre, Maillet.

Les projets récompensés sont classés par ordre alphabétique.

Nous reviendrons sur cet intéressant concours dans un pro-
chain numéro.

Le Prix de Sèvres. — La deuxième épreuve du concours
pour le prix de Sèvres donne lieu, comme on sait, à une exposi-
tion publique, à l'Ecole des beaux-arts. Le sujet de cette année
est un vase commémorant' du Passage de Vénus sur le Soleil
observé en i8y4. (Encore un de ces programmes qui rendent
rêveur !) Ce vase est destiné à être placé sur un socle, dans la
galerie Mazarine de la Bibliothèque nationale. Dans le concours
d'essai qui a eu lieu, il y a quelques mois, les premiers modèles
classés furent les deux de M. Avisse, et celui de M. Chéret. Le
jugement définitif sera rendu le 25 octobre. Pour ce jugement.
M. l'administratcur-général et M. l'architecte de la Bibliothèque
nationale seront adjoints à la commission avec voix delibérative.

Le Prix des Gobelins. — La date extrême, pour les concur-
rents, du dépôt des projets est le 28 octobre. Ce prix, qui est
donné pour la première fois cette année, est d'une valeur de
6,000 francs. Le sujet est le Génie des arts, des sciences et des
lettres dans l'antiquité. Le modèle choisi sera reproduit en tapis-
serie et décorera la salle Mazarin, à la bibliothèque nationale.

— Il est question, au ministère de l'instruction publique et
des beaux-arts, d'une exposition de toutes les monnaies gauloises
existantes.

La Bibliothèque nationale possède, à elle seule, plus de
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