L' art: revue hebdomadaire illustrée — 5.1879 (Teil 4)

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LA STATUE DE FRANCESCO SFORZA

MODELKE PAR LEONARD DE VINCI

ET LE DESSIN DE MUNICH'

(suite)

Comment le vieux thème ve'ronais fut-il compris et médité
par le Vinci? Les dessins disperses de toute part peuvent nous
l'apprendre. Croit-on que Léonard va se traîner dans l'ornière à
la remorque de ses lointains prédécesseurs ? Croit-on qu'il va re-
produire le cheval immobile de Barnabo Visconti (aujourd'hui au
musée de Bréra), ou l'épaisse monture d'Oldrado di Tresseno,du
Broletto de Milan ; ou le roide palefroi du saint Martin de

ment. Les colosses du Monte Cavallo hantèrent certainement sa
pensée. La preuve, c'est qu'il interrogea leur signification et exa-
mina minutieusement leur constitution anatomique 6, comme en
fait foi un dessin reproduit en fac-similé par Gerli.

Celui des deux chevaux du Quirinal qui a été dessiné par
Léonard est, d'après deux estampes portant l'une l'adresse d'Anto-
nio Salamanca" et l'autre celle d'Ant.Lafreri, le cheval attribuéà

l'église de Lucques, ou les chevaux Praxitèle. Quand elle fut copiée, cette

endormis des Scaliger de Vérone ? sculpture se trouvait dans l'état où

Les conceptions plus vivantes de ses fsffiip1-, l'avaient mise les travaux de consoli-

prédécesseurs immédiats, déjà éman- <t {/T/ fé^^ dation entrepris par Paul II et telle

cipés par la Renaissance, ne lui r\Sg^:\Y È 1ue 'a montrent trois planches

suffisent môme pas. Il connaît et il p-^X uT^^-^-tX gravées publiées, la première par

dessine la statue de son maître Ver- L-^* ~- ^" ^alamanca9 avant '546, les deux

rocchio à Venise5. Il connaît cer- / \ j\ 1 .1 autres par Lafreri en i\±6 10 et

tainement la figure du Gattamelata ^^J' »^Jtçi> j en 1550". Les jarrets de derrière

de Padoue8; il fait plus : il remonte —v jy du prétendu cheval de Praxitèle

au type primordial, à la source com- f . ' - *?zjf\\ étaient cachés et emprisonnés dans

mune. les chevaux de saint Marc / j , ^ vifen |-"wj \ ^es ass'ses ^e maçonnerie. I' avait

auxquels il consacre longtemps son fi j. A .~.^^s=Ê&3j I \ :{jf \ déjà perdu un des pieds de devant,

attention ». Il étudie la statue de V J&Êfcj £5fe S V n\ 0 'jC cneva' dit de Praxitèle fut repro-

Marc-Aurèle5. Tous les chefs-d'œu- ( '' '2 ' 1 ; duit de préférence par le maître,

vre de l'antiquité, découverts jus- ^0-r:l''^'^.^S^u,i!f:X'V^^^/CA^ ( J parce que celui qu'on attribuait à

seurs, il y ajoute la préoccupation
d'une œuvre nouvelle. Donatello
avait emprunté à la statue du Marc-

que-là, sont visités par lui. Mais en >;/.', 1 ^^fej^-l / Phidias était beaucoup plus mutilé

puisant aux mêmes sources d'inspi- fMVSl__l.- ■ ■ ' ■■' ■ '^^-'-i^'^^^rM I II est auiourd'hui devant la fontaine

ration que ses deux grands précur

^''y^LLj.- ■r^^^Lr^'^^^^^ { H est aujourd'hui devant la fontaine

"f^^BB l ''^^^^^^^^jua?^T™^~^~ du Monte Cavallo, à droite du spec-

OPVS-PRAXjrrELIS

tateur

Tandis que, par une étude pas-
sionnée de i'anatomie chevaline 13 —

Aurèle, mais surtout aux chevaux de , étude qui, en apparence, dépasse de

Venise. Verrocchio alliait, dans son Le cheval dit di: Praxitèle beaucoup les exigences de la sculp-

modèle, l'allure des bronzes vénitiens au Monte Cavallo, à Rome, ture, — Léonard prépare à son

à la puissante attitude du cavalier d'après une estampe antérieure à 1546. projet le charme d'une prodigieuse

du Capitole, en y mêlant un très exécution, la composition se des-

grand accent de vie et les conseils de la nature. L'inquiet et
inassouvi Léonard veut aller plus loin encore dans le mouve-

sine dans sa tete. Il imagine un monument colossal. Un pié-
destal gigantesque, autour duquel se groupent des figures, est

1. Voir l'Art, 5* année, tome IV, pages 91 et 116.

2. Les dessins de la statue de Colleoue (dont l'un au crayon rouge), exécutés par Léonard, se trouvent à Windsor. Cette reproduction montre quelques
dirlérences avec la figure qui existe sur la place de San Zanipolo. Peut-être Léonard avait-il vu le premier modèle de V errocchio, peut-êtic avait-il ajouté des
modifications de son invention? Ces dessins ont été exposés à Londres en 1879. Exhibition of Works by oU maslers. Royal Academy of arts, Burlington House.
n* 187, p. 86.

5. Dessin appartenant à la reine d'Angleterre et exposé eu 1879, 11» 186, p. 86 du catalogue de ^Exhibition of Works by the old masters. Royal Academy of
arts, Burlington House, 1879.

4. Plusieurs destins à Windsor.

ç. Exhibition of Works by ihc old masters. Royal Academy of arts. Burlington House, 1879, p. 86, n" 181.

6. Gerli, Disegni di I.eonardo da Vinci, pl. XXXV.

7. Nous avons fait reproduire une partie de cette estampe pour accompagner cet article.

8. Eug. Muntz, les Arts à la cour des Papes, tome II, p. 94 et 9J.

9. Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, topographie de Rome Y. b. 77. Je dis que cette estampe sans date est antérieure à 1546 parce que la
planche de Lafreri, datée de 1546, est la copie de la première en sens inverse.

10. Cabinet des estampes, Rome ancienne, tome IV, G* c. 7.

11. Cabinet des estampes. Ibid. Il faut se délier des indications plus ou moins exactes fournies par les documents gravés postérieurement à 1550.

12. Il ne peut pas y avoir de doute. C'est bien le cheval de droite que Léonard a copié. Comme on peut s'en assurer sur les moulages de Berlin, toutes les
jambes de devant des deux chevaux sont modernes, à l'exception de la jambe droite du cheval de Praxitèle. Or, précisément le cheval dessiné par Léonard avait
encore cette jambe à la fin du XV* siècle et seulement celle-là. Cf. également l'estampe reproduite par nous.

1 ;. Il existe partout de nombreux destins d'anatomie chevaline, exécutés par Léonard ; Gerli en a gravé. Luc estampe du xv" siècle, attribuée à Léonard,
reproduit des études de tètes de chevaux. (Passavant, le Peintre-graveur, tome V, p. l8j, n» 10.)
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