Marolles, Michel de
Tableaux Du Temple Des Muses: Tirez Du Cabinet De Feu Mr. Favereau ... & gravez en Tailles-douces par les meilleurs Maistres de son temps ... — Amsterdam, 1676 [Cicognara, 4722]

Page: 251
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LES SIRENES. XXXII.


RO C HE, 'L'/^, approche ; j>
m'explique ^
|<p3 De grâce, arrefle un peu , gonsse nossre mufiquc*
^'Ijjlk Pcrflonne juflqu' icj n'a ces ssots trajetté,
ÉS\ G2'^ premièrement nos doux chants écoute
_W Qu'il n'ait touché le bord en ce plai/ant rivage 9
y^"/ devenu plus heureux & plus fige,
JVous sc avons , nous [gavons tout ce qui s'esspasse' %
La vaillance des Grecs , Ilion renverssé
Et les Trojens vaincus flous l'essort de la guerre,
Rien ne nous ess caché, fur le rond de la Terre,
Yoilace que les Sirènes chanroient quand elles parurent , comme el-
les sont icy representées , autour du vaisïeau d'Ulyfîe, lors que par
les conseils deCircé., ce prudent sils de Laè'rte, écoupa les oreilles à
ses compagnons avec delà cire amollie entre ses doigts aux rayons du
Soleil, de peur qu'en les écoutant, ils demeuraient tellement char-
mez de Ja douceur de leur voix, que fans longer à leur vaisfeau,, ny
se foucier de revoir leurs amis, &leurpaïs, ils eufTent tout laissé à
l'abandon, & fait naufrage entre des écueils tres-dangereux, qu'il
saloit éviter en les approchant de fort prés. Mais quant à luy, afin
qu'il les pûft oiiir feu rement dés qu'ils approchèrent de Plfle dange-
reufe, & que le vents'eftant abbatu tout à coup fur les eaux, la Mer
sut devenue calme, il fe sit attacher eftroitement auprès de la cham-
bre de pouppe, fui van t les mefmes confeils de Circé, fitabbaifîer la
voile, & tirer à force de rames; de forte que l'onde écumoit tout au-
tour sous les avirons: & comme le vaiiïeau approchoit de la fatale
roche, les Sirènes riantes fe prefentent vers eux à my-corps horsde
Peau: & fe tenant par la main , comme vous les voyez icy dépeintes,
eflayent de les enchanter de leur voix. UlyfTeravy d'une douceur fi
charmante, voudroit bien tout quitter pour en eftre plus proche, &
fait mefmes figne à ceux de fa troupe qu'ils le viennent délier, &que
l'on coupe les cordages; mais Euryloque & Perimede le ferrent en-
core plus fort, & évitent par ce moyen les rochers des Sirènes, qui
depuis furent beaucoup moins dangereux, quoy que pendant le voya-
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