L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 1)

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LES ÉLÈVES DE FRA FILIPPO LIPPI

ans un précédent article *, nous nous sommes occupé de
Fra Filippo Lippi en insistant spécialement sur son
aventure avec la Lucrezia Buti. Qu'il nous soit permis
de compléter les renseignements que nous avons donnés
à ce sujet en communiquant aux lecteurs de F Art quel-
ques particularités que nous avons recueillies sur les
élèves les moins connus de Fra Filippo.

Indépendamment de Botticelli, Fra Filippo eut aussi
pour élèves Francesco di Pesello, Fra Diamante et Jacopo
del Sellaio. La vie des premiers ayant été écrite par
Vasari, il ne me semble pas nécessaire de revenir sur ce
sujet; je ne crois pas qu'il en soit de même des deux
autres, que le biographe Arétin et les écrivains posté-
rieurs ne nous font guère connaître. Aussi donnerai-je
sur leur compte le peu de renseignements que j'ai pu
recueillir.

Lettre de Mitclli 2.

Fra Diamante naquit vers 1430, à Terra Nuova,
place forte du val d'Arno florentin, et non à Prato comme on le croit généralement. Tout jeune
encore, il fut mis par Feo, son père, au couvent des Carmes de Prato. Il y prit l'habit reli-
gieux et, après avoir fait profession, reçut les ordres majeurs. Vasari prétend qu'il fut le compa-
gnon de cloître de Fra Filippo et qu'ils firent leur noviciat ensemble. Mais il est maintenant
prouvé qu'étant d'un âge différent, ils ne purent commencer au même moment la vie religieuse
ni habiter ensemble le même couvent : quand l'un entrait aux Carmes de Prato, l'autre était
sorti, depuis quatorze ans, des Carmes de Florence pour n'y plus rentrer. Or il arriva que Fra
Filippo, allant fréquemment à Prato pour ses affaires, eut un jour l'occasion d'y connaître Fra
Diamante. Trouvant en lui un jeune homme bien doué, il obtint des supérieurs du couvent la
permission de l'employer à son service pendant ses heures de travail, et en même temps de lui
enseigner l'art pour lequel celui-ci avait une véritable vocation. Avec le temps et la fréquentation
de Fra Filippo, ses exemples, ses leçons, firent de Diamante un peintre assez habile pour aider
son maître dans les œuvres de Prato et de Spolète.

Fra Diamante travaillait avec Lippi aux fresques du chœur de Prato lorsqu'au commencement
de 1463, il fut rappelé à Florence et emprisonné, sans qu'on sache pourquoi. Il paraît néanmoins
avoir été mis en liberté peu de temps après, grâce à la recommandation du patriarche de Florence,
touché des instances de la commune de Prato. Mais, soit par l'effet d'ennuis qu'il eut avec ses
confrères, soit par suite de l'emprisonnement qu'il avait subi, il dépouilla, après en avoir obtenu
l'autorisation, l'habit du Carmel pour revêtir celui de Vallombreuse; il était déjà moine de l'ordre
de Saint-Jean-Gualbert, lorsque nous le trouvons, en 1466, .chapelain de Sainte-Marguerite de
Prato, en remplacement de frère Philippe. En 1472, son nom figure parmi les peintres inscrits
dans la compagnie de Saint-Luc; il habitait alors le monastère de Saint-Pancrace à Florence.
On voit encore qu'étant prieur de San Pietro di Gello, dans le diocèse de Volterra, il soumit,
le 19 novembre 1483, à l'arbitrage de monseigneur François Soderini, évêque de Volterra, et de
maître Angelo Niccolini, avocat florentin, tous ses démêlés avec don Ricciardi, fils de Michel de

1. Voir l'Art, y année, tome IV, page 289, et 4° année, tome Ier, page 5.

2. Tirée de VAlfabeto in sogno, exemplare per disegnare, di Giuseppe M' Mitelli, pittore Bolognese. MDC.LXXXIII.

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