L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 1)

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CHRONIQUE ETRANGERE

Angleterre. — Le Burlington Fine Arts Club, dont notre
collaborateur Henri Perrier nous rappelait dernièrement les in-
telligentes initiatives (Voir page 228), pre'pare pour la prochaine
season une exposition qui s'ouvrira probablement en avril, et
qui n'offrira pas moins d'intérêt que les autres expositions spé-
ciales organisées par ce cercle. Il s'agit cette fois de réunir tous
les dessins des maîtres hollandais du xvn" siècle qui se trouvent
en Angleterre dans les collections privées. Les collections de ce
genre sont assez rares, mais très-riches. Une des plus importantes
est celle de M. John Malcolm of Poltalloch, qui a un remarquable
choix de dessins italiens à l'exposition de la Grosvenor Gallery
(Voir pages 155 et 158), et qui mettra une centaine de dessins
hollandais à la disposition du Burlington Club. On compte aussi
sur le concours de MM. K. Sackville Bate, George Smith,
Richard Fisher, sur les dessins de Rembrandt appartenant à
M. Seymour Haden, l'éminent aquafortiste, sur quelques dessins
des deux Ostade qui seraient prêtés par divers collection-
neurs, etc., etc. Un catalogue scientifique de l'exposition sera
distribué aux membres du Club. L'introduction en est confiée à
notre collaborateur M. Frederick Wedmore.

— L'exposition publique des peintures de la Société des
dames artistes s'est ouverte, le 11 mars, à Londres, dans la ga-
lerie de Great Marlborough Street, n° 48.

— L'ouverture de la Royal Academy est fixée au 6 mai.

— Sous le titre de Kyrie Society, une association de dames
et de messieurs s'est constituée à Londres, afin d'introduire dans
les quartiers pauvres l'influence sereine et civilisatrice du beau,
en mettant à contribution, pour atteindre ce but, la nature et
l'art sous toutes ses formes. La Kyrie Society se propose : 1" de
décorer de peintures murales, de lambris sculptés, etc., les édi-
fices fréquentés par la population pauvre, clubs, maisons d'éco-
les, etc. ; 2° de distribuer aux pauvres, pour en orner leurs de-
meures, des fleurs et des peintures ; 3°"de transformer en jardins,
avec le concours de la « Common's Préservation Society », tous
les terrains dont on pourra disposer en leur faveur, et de favo-
riser l'horticulture ; 40 d'organiser des sociétés de chœurs ; 50 de
combattre l'abus du tabac dans les districts manufacturiers, — le
tabac, malgré sa « couleur », étant considéré comme aussi peu
esthétique qu'hygiénique.

— On annonce l'envoi de près de cent cinquante aquarelles
anglaises à l'Exposition universelle de Paris. Les plus célèbres
aquarellistes du Royaume-Uni ont été invités à exposer.

.— L'exposition de la Royal Academy d'Écosse s'est ouverte
le samedi 23 février.

— M. Robert Holland, qui vient de mourir, a légué à sa
veuve, à charge de le léguer à sa mort à la National Gallery, le
tableau d'Ary Scheffer : Sainte Monique et saint Augustin.

— Lord De L'Isle and Dudley est nommé administrateur
de la National Portrait Gallery, en remplacement de Sir William
Stirling Maxwell, récemment décédé.

■— L'état de santé de M. Ruskin. le célèbre critique d'art,
inspire de vives inquiétudes.

Les revues anglaises proclament à l'envi le haut intérêt de
l'exposition des dessins de Turner appartenant à M. Ruskin,
dont le catalogue, bien qu'il n'ait pu ni le revoir ni le compléter,
est des plus instructifs même pour les personnes les mieux initiées
à l'œuvre du maître. Bien que sensiblement entamée par les
dons généreux de M. Ruskin au musée et aux écoles d'Oxford,
au Fitjwilliam Muséum de Cambridge, la collection elle-même
exposée dans les salons de la Fine Art Society n'en caractérise
pas moins complètement les diverses manières de Turner. Elle
se compose de 120 dessins et d'un grand nombre de gravures.

— Cette année pour la première fois M. Henry Blackburn
publie, sous le titre de Dudley Notes [The Watér Colour Exhi-
bition), un livret illustré de l'exposition d'aquarelles qui s'est
ouverte le 4 mars dans Egyptian Hall, Piccadilly, à Londres.
Beaucoup d'illustrations sont des fac-similé de dessins des expo-
sants d'après leurs œuvres.

— Le Comité de placement à la prochaine exposition de la
Royal Academy se composera, dit-on, de MM. Redgrave, Sant,
Wells, Davis et Calder Marshall.

Autriche. — Un tableau de M. Gabriel Max est exposé en
ce moment à Vienne, dans le local de l'Union artistique autri-
chienne. L'Infanticide, tel en est le titre, représente une mère
qui, accroupie au bord d'une rivière, embrasse follement, avant
de le jeter à l'eau, le cadavre du pauvre bébé qu'elle vient de
tuer. La figure de la femme est penchée en avant et à demi ca-
chée, de sorte que le tableau laisse beaucoup à deviner, mais
l'impression n'en est pas moins pénible et profonde. Sous le rap-
port de l'exécution et notamment de la couleur, on assure que
la peinture est supérieure à tout ce qu'a produit jusqu'ici cet
artiste dont les œuvres font sensation en Allemagne.

Italie. — // Raffaello publie le règlement de l'exposition
organisée cette année à Turin par la Societa promotrice délie
Belle Arti. L'exposition sera ouverte au public le 4 mai. Le ver-
nissage aura lieu la veille. Les envois seront reçus par le secré-
taire de la Société du 22 au 27 avril. L'exposition durera au
moins un mois.

CHRONIQUE FRANÇAISE

Exposition universelle de 1878. — Les artistes allemands.
— Une nouvelle importante a été annoncée en ces termes par le
Journal officiel : u S. A. le prince de Hohenlohe. ambassadeur
d'Allemagne à Paris, vient de faire connaître au ministre des
affaires étrangères que S. M. l'empereur d'Allemagne autorise
les artistes peintres et sculpteurs allemands à prendre part à
l'Exposition universelle de Paris.

« Le ministre a reçu en même temps une dépèche de M. le
comte de Saint-Vallier annonçant que Sa Majesté impériale a
signé les deux décrets qui règlent la participation de l'Allemagne
à l'Exposition des beaux-arts, l'un instituant la commission mixte
d'examen et de contrôle, et l'autre fixant le nombre des œuvres
qui pourront être envoyées.

« Sa Majesté a bien voulu faire part elle-même de sa décision
à l'ambassadeur de France à Berlin. »

C'est là une importante décision dont le monde artistique
ne se félicite pas moins que le monde politique. L'Exposition
universelle est un champ clos, où les adversaires vont lutter,
à armes égales et publiquement, d'habileté, de bon goût, de
science, de talent et de génie. En s'abstenant, les artistes alle-
mands se seraient causé le plus grand préjudice en même temps
qu'ils auraient privé la critique d'un précieux élément d étude
et de comparaison.

Les artistes russes. — Depuis le 1" février est ouverte, à
l'Académie des arts de Saint-Pétersbourg, l'exposition des œu-
vres d'art russes qui doivent figurer à l'Exposition universelle
de Paris. Un assez grand nombre de toiles qu'on y voit étaient
déjà connues, mais la plupart sont nouvelles et représentent tous
les genres, histoire, paysage, etc. Aussi les journaux de Saint-
Pétersbourg constatent-ils que cette exposition est l'une des plus
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