L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 1)

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CHRONIQUE ÉTRANGÈRE

Angleterre. — Le British Muséum vient de faire une
acquisition qui offre un re'el inte'rèt au point de vue de l'histoire
des premiers temps de la sculpture grecque. C'est une statue en
marbre, grandeur demi-nature ; les jambes sont malheureusement
brise'es à la hauteur du genou ; les bras manquent, mais ils
étaient évidemment pendants le long du corps, on le devine aux
marques que les mains ont laissées sur les cuisses. On présume
qu'il s'agit d'un Apollon. Le nez est intact, et sur les narines on
remarque d'assez profondes entailles; de même, sur les lèvres,
Cet Apollon archaïque a les yeux à fleur de tète, les oreilles
presque au sommet du crâne, le nez en dehors projetant sur le
visage un angle énorme, les lèvres minces, la bouche souriante,
le menton en galoche, la poitrine large et forte, le ventre étroit
et plat, les hanches médiocres, les cuisses presque aussi larges
que les épaules. Sa chevelure épaisse lui retombe sur le dos en
tresses sommairement modelées.

— M. Charles Lock Eastlake est nommé conservateur de la
National Gallery et secrétaire du bureau des trustées, en rem-
placement de feu Ralph Nicholson Wornum. Auteur d'un
ouvrage intitulé Household Taste (Du goût dans la maison),
M. C. L. Eastlake est secrétaire de l'Institut des architectes.

— L'Aiguille de Cléopàtre, dont nous avons raconté Jes mésa-

ventures maritimes, a fini par toucher au port. Depuis un mois,
l'obélisque est en Angleterre. La question de l'emplacement est
plus que jamais à l'ordre du jour. Un simiii-obélisque se dresse
sur le Thames-Embankment. Cet emplacement a beaucoup de
partisans, et le journal the Builder qui l'a recommandé dès le
principe conseille d'y installer définitivement l'obélisque pour de
vrai.

— La corporation des fabricants d'éventails, gilde fondée
en 1709, se propose d'organiser prochainement une exposition
spéciale de son élégante industrie artistique.

— Une exposition de tableaux, dessins et gravures, de maî-
tres anciens et modernes, est ouverte depuis le 15 février à
Brighton dans la salle du Pavillon royal.

Allemagne. — Une exposition de l'œuvre du peintre Jules
Schnorr von Karolsfeld a été organisée au premier étage du
musée moderne de Berlin par le directeur, M. le docteur Max
Jordan. C'est essentiellement une exposition de cartons, pour la
plupart prêtés par la direction générale des musées de Dresde,
l'Académie de Vienne, et la ville de Leipzig, ville natale de
Schnorr, en tout 450 numéros qui donnent une idée aussi com-
plète que possible de l'œuvre du peintre, un des plus distingués
parmi les artistes allemands du commencement de ce siècle.

N ECROLOGIE

— Lady Coleridge est morte le 5 février à Londres.
Ses portraits au crayon d'après plusieurs célébrités contem-
poraines avaient été remarqués à la dernière exposition de
la Royal Academy.

— Sir William Steirling Maxwell, M. P., K. T.
(M. P., membre du Parlement,K. T.,Knight of the Thistle,
chevalier de l'ordre du Chardon ou de Saint-André, en
Ecosse. On sait que le chardon est l'emblème écossais,
comme le trèfle l'emblème de l'Irlande, et la rose celui de
l'Angleterre), est mort à Venise le 15 janvier. Cet écrivain,
l'un des plus éminents de l'Ecosse, était surtout un histo-
rien, mais on lui doit de remarquables études d'art, et
notamment un important ouvrage sur l'Art et les artistes
en Espagne.

— Nous apprenons la mort de mistress Bury Palliser,
née Marryat, auteur et traducteur de divers ouvrages d'art.
Sa principale production littéraire est l'histoire de la den-
telle [the History of Lace), publiée en 1865 chez Sampson
et Low, étude consciencieuse qui est arrivée à sa troisième
édition, et qui a été traduite en français. Mistress Bury
Palliser a publié aussi sous ce titre : Britanny and its
Byways (chez J. Murray), un voyage en Bretagne, mélange

toric Devices, Badges and War Cries, curieux travail, ré-
sumé de nombreuses et savantes recherches sur les devises
historiques, les emblèmes militaires, etc.: un guide de
l'amateur de porcelaines. Elle a donné en anglais de remar-
quables traductions de plusieurs ouvrages français, notam-
ment de l'Histoire de la céramique et de l'Histoire du mo-
bilier de feu Albert Jacquemart. (Cette dernière traduction
est sous presse.) Enfin, elle a collaboré à divers journaux
d'art, notamment à Art-Journal. Cette femme distinguée
était en Angleterre une autorité dans les questions rela-
tives à la dentelle, à l'art céramique, aux objets d'art
moyen âge. C'est à elle que le South Kensington Muséum
confia le soin de dresser son catalogue de la dentelle, et
elle s'acquitta de cette tâche avec sa compétence et sa pré-
cision habituelles.

— M. Charles-Ernest Vinet, bibliothécaire de l'École
des beaux-arts, est mort le 10 février, âgé de soixante-
treize ans.

— Au moment de mettre sous presse, nous apprenons
la mort de Charles Daubigny, l'illustre paysagiste. Nous
n'avons que le temps d'exprimer les vifs regrets que nous
inspire cette triste nouvelle. Nous reviendrons prochaine-

d'études archéologiques et d'impressions pittoresques ; His- ment sur la vie et l'œuvre de cet éminent artiste.

Le Directeur-Gérant, EUGÈNE VÉRON.
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