L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 1)

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L'ART.

rations des Catacombes approchent des peintures murales des
meilleurs temps de l'empire. Leurs légères arabesques rappellent
les fresques de Pompéi ou les bains de Titus. » Les me'rites de
l'art chre'tien sont donc exactement les mêmes que ceux de l'art
païen. La de'cadence de l'un entraîne celle de l'autre, ou pour

imaginum structura pictorum inventio, sed Ecclesiœ catholicœ
probata legislatio et traditio. L'exe'cution seule appartenait à
l'artiste; les rapports des sujets entre eux, le parallélisme des
peintures, leur ordonnance générale étaient plus ou moins
dirigés par l'autorité ecclésiastique. » Alors « l'art chrétien perd

mieux dire il est impossible de dis- l'heureuse variété, la liberté créa-

tinguer l'un de l'autre, si ce n'est JÊtft-, Xrice de sa première époque, pour

uniquement par la nature des sujets. jJÈÊmÈÊÈ$kt> se ''xcr dans une immobilité hiéra-

Si les premières œuvres chrétiennes ^lEÈÊsi&KÈË^ tique, comme celui de l'ancienne

sont supérieures à celles qui on! ......^f^^^BSL^MHm. Breaj^, Egypte ou de la Grèce moderne ».

suivi, c'est simplement « parce f$ " S^^^jjF^^&^^llSj^^^^ISh .Autant dire qu'il n'existe à cette

qu'elles sont contemporaines de la ■IBlllBr ^WTmS^TM^^ÊmW époque pas d'art chrétien dans le

meilleure époque de l'art antique ». KjÉgr ftgj m wSnà sens propre du mot, puisque dans

Il faut y ajouter une autre lM?kr HH §J -*sJb ses commencements il ne fait que

cause. « Non-seulement, dit M. de jfflyKfe^.-r_*^33^PLt. I SjfeSf continuer l'art païen, et que, quand

Rossi, le nombre des sujets permis ^jp?\^E^ijg ^^^^v~~:-;^mÊÊ^ s'en s^Pare complètement, c'est

à l'artiste était soigneusement limité, i ^teh^jg- 'ffi^'^ pour s'immobiliser dans un symbo-

mais dans la manière même de les ^TBBHps• ^fi^fft^'^•^^■wM^^ lisme purement hiératique,

traiter, celui-ci paraît, au moins au SH0r ' C" k .il ^Éi f^'^^^J ^l£.*f|ttJO Cette conclusion n'est pas aussi

m0 siècle, n'avoir pas été tout à fait RKHH i4 S'iT"'^ If Mm'^ I ^ '' '"' ^ '^IPww formellement exprimée dans le livre

libre. Les peintures empruntées à <flflNBp"*,w"*,*l iT «frilfK de Rome souterraine, mais elle

l'histoire biblique , ITrent. dans ' / *' l %"^Jlil\^f^^ nous paraît résulter très-nettement

abondance de détails qui convient '"^Sti^^^ ^fe^^ySrP^^B^Jtffip blés. La lecture en est du reste des

à la reproduction littérale d'un fait, ^^^mËm — ' " ' ' plus intéressantes, et il était diffi-

ni la variété et l'aisance qui appar- Gravure til.,e dc Romc sùuUmine. (Pal,s, buter. ) cile de mieux condenser les longs

tiennent à une œuvre d'imagination. et consciencieux travaux de M. de

Elles ont la sobriété sévère d'une œuvre dirigée vers un but
spirituel, subordonnée à l'expression d'une vérité abstraite. Elles
semblent participer à l'immobilité, à la fixité du dogme chrétien.
On peut leur appliquer cette parole prononcée plusieurs siècles
plus tard, lors de la controverse avec les iconoclastes : Non est

Rossi. Quant aux illustrations, elles sont sinon des phis bril-
lantes, du moins exécutées avec soin. Nous avons dit notre
sentiment au sujet des chromolithographies. Les bois, très-nom-
breux, font peut-être moins d'effet, mais sont infiniment plus
clairs, et aident à l'intelligence du texte. Eugène Véron.

CHRONIQUE FRANÇAISE

Au Louvre. — Divers changements ont été accomplis , du-
rant ces derniers temps, dans notre vaste musée national. D'au-
tres, plus importants, ne tarderont pas à être réalisés. Le conseil
supérieur des Beaux-Arts a préparé un projet complet d'amélio-
rations urgentes et de nettoyages, qui, il faut l'espérer, ne ren-
contrera pas d'obstacles de la part de la Chambre des députés
quand il s'agira de voter les crédits. La nécessité de ces travaux
a d'ailleurs été très-nettement indiquée dans le rapport de
M. Tirard sur le budget des beaux-arts de cette année.

Depuis quelques semaines, la grande entrée du Louvre,
après plusieurs années de clôture, a été rendue au public. Dé-
sormais les visiteurs, en pénétrant dans le musée par le pa-
villon Denon, gagneront le grand escalier par une vaste galerie
aux dalles de marbre, aux belles colonnes, que MM. Barbet
de Jouy et Ravaisson ont aménagée avec une évidente re-
cherche.

Le conservateur de la sculpture moderne a, pour sa part,
extrait des magasins quelques statues enlevées aux jardins pu-
blics, et d'abord les fontes dites du Primatice, auxquelles il a
consacré une brochure intéressante. UAriadne endormie, le
Laocoon, l'Hercule Commode, la Vénus de Gnide, ainsi que les
Centaures (d'après les antiques du musée du Capitole),—qui ont
été on peut dire fortuitement découverts au château de la Mal-
maison, comme nous le racontions dans notre dernière chroni-
que), — sont du meilleur effet.

La nouvelle salle que M. Barbet de Jouy a ouverte au public
sous le nom de salle Rude, dans la section des sculptures moder-
nes, a été aussi très-heureusement disposée. Là régnent, avec

Rude, dont on peut admirer le Mercure, les sculpteurs principaux
du xix° siècle, Pradier, Simart, David d'Angers, Duret, Ramey,
et Perraud même, dont l'Enfance de Bacchus a pu entrer au
Louvre, quoique les dix ans réglementaires fussent loin d'être
écoulés.

A cette époque de l'année où, le budget des acquisitions
étant épuisé, on n'a pas encore de crédits nouveaux, les
galeries de peinture ne reçoivent guère d'accroissements.
Cependant il faut signaler deux œuvres récemment achetées
pour le Louvre : un portrait de M. Bochet, par Ingres, et une
étude au pastel par Prud'hon. Le portrait d'Ingres a été vendu,
ou plutôt donné, par M. Bochet fils, à la condition qu'on lui
fît faire du tableau sept copies qui seront gardées par la fa-
mille comme souvenir. On s'occupe de ce travail; aussi le por-
trait ne pourra-t-il être exposé que d'ici quelque temps. Le
pastel de Prud'hon est placé dans la salle des pastels, à côté du
portrait de Q. de la Tour. C'est une œuvre merveilleuse de
grâce qui représente une jeune fille, vue à mi-corps, aux yeux
suavement bleus, et dont les cheveux blonds s'épandent sur ses
épaules. Ce sera un beau pendant au portrait au pastel de
M110 Mayer, du même maître, que possède le Louvre. Cette
œuvre charmante a été acquise, pour la somme de 3,000 fr., de
M. Oudiné, peintre-verrier, qui en même temps a offert au
Louvre un vitrail du xvie siècle, représentant la Vierge et
l'Enfant.

Dans une autre partie du vaste musée, divers changements
ont également été faits. M. Ravaisson vient de rendre publiques
de nouvelles salles qui font suite à celles de l'art assyrien, et dans
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