L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 1)

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NOTRE BIBLIOTHÈQUE. 163

main, quelquefois elle leur est offerte par des oiseaux, ou pré-
sente'e par Jésus-Christ, jamais elle n'est pose'e sur leur tète.
Mais, cà partir du iv' siècle, le nimbe est très-fréquent dans les
mosaïques qui de'corent le fond des églises. Enfin, après avoir
servi à distinguer spécialement Jésus-Christ, il fut attribué au
ive siècle à la Vierge et aux saints Pierre et Paul, puis ensuite
à tous les autres.

Le symbole le plus fréquent pendant les deux premiers
siècles et jusqu'au milieu du m" est le poisson. C'est le signe

il montre une étoile. Cette peinture se trouve sur le soffite d'un
ioculus, dans une chambre sépulcrale du cimetière de Sainte-
Priscille, voisine de la fameuse chapelle grecque. M. de Rossi
compare le dessin, le modelé, le style général de cette peinture,
d'une part avec les décorations des célèbres tombes païennes
découvertes en 1858 sur la voie latine et attribuées par tous les
antiquaires au temps des Antonins ; d'autre part avec les fresques
des cubicula qui avoisinent la crypte papale et qui remontent au
commencement du 111e siècle. Il conclut que l'immense supério-

formel du christianisme. Pour- rité de la fresque du cimetière

quoi ? On ne le sait pas trop. 'V'U^Sto^e. % de Sainte-Priscille sur ces der-

Voici une des explications _ ^f^* „ «Sj^fcy- nières, que sa ressemblance

données par M. de Rossi: «En > V ^'^^MvJ&Mk-* comme exécution et comme

prenant 1 une livrés l'autre les V^yV- J b- '¥''% *-^^r^:*ff'?[.-<-■ ■ M> le avec les premières, ne

lettres initiales de vingt-sept >'&'\kûgr.*î'>- :^j**»^^^'^!» permettent pas de la placer à

vers prétendus sibyllins, on * • XÎT^ yi/^%' ' ^ é une date postérieure au milieu

trouve, en les rapprochant, ^mj^Baff^^^'^ " '""v."^'.-'' ' ..(•'/;/' ( du a" siècle de l'ère chrétienne.

IF120VC XPE1STOC BEOV YIOC \"'\Hl^ ^wSBÊÊ^^^^' '^^lÊÊÈtk** M. Vitet n'a pas craint d'écrire

SÛTIll», Jésus-Christ, lils de ^'^^^^^.l^lf '' dans lc J°urnal des Savants,

Dieu, Sauveur, et mettant en- 1866 (p. 96), à propos de cette

suite à part la première lettre *vp|r' ,./' y^j^l^'i^AT^V^ar. iRlBw' fresque: « Quant au modelé,

de chacun de ces mots, on en _^^'..;^^>'';'., il est tiunc ,c"c souplesse,

formele mot 1X6VC, poisson. » ^^^^^^^^^^^^^^^^mK ^ ^ ^ ^

sente avec un pain. ■ -'■^■'Jjm.mjL^Î^S-' ^BB^S^^^- - lui en faire honneur. »

L'allégorie le plus sou- yW^^^§^^^^^^^^^^^^9^!^^^^f' Il nous est impossible d'en

vent répétée est celle qui ^^y^r^^W^p^è^^0iS^^^^É^^^^^juger par nous-même, cette

montre Jésus-Christ sous la %X!&* ^^^^^i^^^ ^ fresque étant représentée dans

ligure du Bon Pasteur. On Gravure tiré* de Rome souterraine. ( Paris, Didier. ) le livre de Rome souterraine

trouve aussi plusieurs fois les par une de ces maussades chro-

molithographies qui envahissent de plus en plus les livres illus-
trés, au grand dommage de l'art véritable, et dont le moindre
défaut est précisément de supprimer lc modelé.

M. de Rossi nous donne aussi la description d'un beau sar-
cophage, du musée de Latran, surmonté d'un dais sculpté que
supportent deux colonnes de marbre. Il a été découvert dans les
souterrains de Saint-Pierre. La face principale est ornée de
figures en haut-relief, divisées en groupes ou huit pilastres riche-
ment ornés. Il vante « la beauté et lc fini des visages et le style
élevé de tout le monument ».

Vierges sages et les Vierges folles. Les sujets empruntés à la
Bible sont en petit nombre; on voit Noé dans l'arche, Jonas et
la baleine, Daniel dans la fosse aux lions, Moïse frappant le
rocher. Les faits empruntés au Nouveau Testament sont encore
plus rares. Les images de Jésus-Christ, de la Vierge se rencon-
trent plus souvent, mais on n'y trouve, remarque M. de Rossi,
« aucune image originale de Jésus-Christ, de la sainte Mère ni
des Saints ».

Les peintures liturgiques, peu nombreuses, sont postérieures
pour la plupart à la conversion de Constantin. L'art à cette
époque est en pleine décadence. Il faut citer encore la statue

dessinés sont plus variés que Gravure tirée dc Rome souterraine. (Paris, Didier.) M. de Rossi considère comme

ceux des fresques. A toutes ces telles. Cela suffit-il pour consti-

sources nous devons joindre les sarcophages sculptés, et la
Chaire de saint Pierre, que les auteurs de Rome souterraine
croient avoir réellement servi dc siège au prince des apôtres.

Maintenant reste à savoir quelle est la valeur artistique de
ces monuments.

M. de Rossi fait le plus grand éloge d'une Vierge assise, la
tète à demi couverte d'un voile court et transparent et tenant sur
ses genoux l'enfant Jésus ; celui-ci se retourne pour regarder
derrière lui, avec un mouvement tout à fait analogue à celui que
lui prête parfois Raphaël dans ses Saintes Familles. A côté de
Marie est un homme debout, vêtu d'unpallium qui laisse à nu son
épaule gauche. D'une main il tient un volume roulé, de l'autre

tuer un art chrétien ? M. de Rossi lui-même ne paraît pas le
croire. Avec sa bonne foi ordinaire il reconnaît que, « à l'époque
où germait sous terre la première fleur de l'art chrétien, l'art
classique, — celui dc l'empire romain, bien entendu, — avait à
peu près conservé toute sa vigueur et tout son éclat, et si les
innombrables monuments qu'il a laissés venaient à disparaître, il
suffirait d'un regard jeté sur les premières lignes tracées par
les peintres des Catacombes pour reconnaître qu'au moment où
la foi nouvelle commençait à animer la main de ses artistes, l'art
romain était encore plein de vie. »

Kugler déclare également que « en ce qui concerne la dis-
tribution des sujets et le caractère de l'ornementation, les déco-
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