L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 1)

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24 CHRONIQUE

l'Exposition universelle de 1878, ce collectionneur érudit et
hospitalier a déjà rendu à l'art de signale's services. Aussi a-t-on
applaudi de tous côte's à sa nomination dans l'ordre de la Légion
d'honneur. Un banquet lui a été offert à cette occasion par un
grand nombre d'artistes et d'amateurs. Jamais témoignage de
sympathie ne fut mieux justifié.

Société des Amis des Arts. — L'exposition de Nice s'ouvrira
dans le palais des Beaux-Arts, avenue de la Gare, le 15 janvier,
et durera jusqu'au 24 février.

Les ouvrages devront être remis, aux frais des exposants, au
secrétariat de la Société, du 25 décembre au 15 janvier exclusi-
vement.

On ne peut envoyer que trois ouvrages en chaque genre.
Il sera retenu cinq pour cent en cas de vente.

— L'ouverture de l'exposition artistique de Pau est fixée
au 15 janvier 1878, sa clôture au 15 mars suivant.

Les ouvrages exposés ne pourront être retirés avant la
fin de l'exposition, à moins qu'ils n'aient été désignés d'avance
dans la lettre d'envoi comme devant être présentés à l'Expo-
sition de Paris. Dans ce cas, même s'ils sont vendus, ils
seront retirés de l'exposition lors d'un nouveau classement, de
manière à pouvoir être rendus en temps utile au palais des
Champs-Elysées.

Le nombre -considérable d'étrangers qui font de Pau leur

FRANÇAISE.

résidence d'hiver, et parmi lesquels se rencontrent toujours un
certain nombre d'amateurs, assure aux expositions annuelles de
cette ville un succès qui va toujours croissant.

La Société des Amis des Arts consacre le montant des
souscriptions à des acquisitions d'ouvrages admis à ses exposi-
tions.

Une subvention de la ville et un legs très-important, fait
par un membre de la Société, augmentent encore d'une manière
notable la somme à consacrer chaque année aux acquisitions.

— La Société des Amis des Arts de Bordeaux ouvrira sa
vingt-sixième exposition annuelle le rer mars 1878.

Le Musée de Versailles va prochainement être doté d'un
certain nombre de portraits ou bustes de célébrités contempo-
raines. Voici d'abord les personnages qui seront représentés, d'a-
près le rapport que vient d'adresser M. de Chennevières au mi-
nistre des Beaux-Arts :

Chateaubriand, de Villèle, de Serre, de Martignac, Rover-
Collard, Ampère, Guizot, Molé, Thiers, Berryer, de Lamartine,
Dupin, de Montalcmbert, Lacordaire, Cousin, Mgr Sibour,
Mgr Darboy, président Bonjean, Sainte-Beuve, Alexandre Du-
mas, Alfred de Musset, H. de Balzac, Ingres, Delacroix, Horace
Vernet, Delaroche , Decamps, Flandrin , David d'Angers,
Théodore Rousseau, Le Verrier, Scribe, Auber, Rossini, Halévy,
Félicien David.

NECROLOGIE

M. Achille Martinet, membre de l'Institut, section
de gravure, est mort à. Paris le 10 décembre 1877. Né le
21 janvier 1806, il avait étudié son art sous Forster et
Heim. En 1826, il obtenait le second prix de Rome; le
premier grand prix lui fut décerné en 1830. Chevalier de
la Légion d'honneur en 1846, officier peu d'années après,
il avait succédé, à l'Institut, en 1857, au baron Desnoyers.

On cite comme ses principales œuvres les portraits de
Rembrandt et du Pérugin, d'après ces maîtres (1835-1842);
d'après Raphaël, la Vierge à l'oiseau, la Vierge au pal-
mier, la Vierge à la rédemption, le Sommeil de l'Enfant-
Jésus (1838-1850) ; Charles I'r, Marie au désert, de P. De-
laroche (1850); le Portrait de M. Viardot, d'après Ary
Scheffer (184g); les Derniers moments du comte d'Egmont,
de M. Gallait (1857); Portrait équestre de Napoléon III,
d'après Horace Vernet (1861); la Nativité de la Vierge,
d'après Murillo (1865); le Portrait de M. Devinck, Saint
Louis de Gon^ague visitant les pestiférés de Rome, de
Bezard ; Portrait de Charles Robin (1868).

Quelque regret que nous inspire la mort de cet hono-
rable académicien, il nous faut bien avouer que son talent
ne fut jamais à la hauteur de sa réputation. De son art, ce
bel art de la gravure, qui peut être considéré à bon droit
comme une des gloires les plus légitimes de la France, il
ne connut guère que l'outil, et encore son burin, dur et
sec, était-il d'une monotonie et d'une froideur désespé-
rantes. Personne ne fut moins artiste que ce laborieux
fabricant de gravures. Pour s'en convaincre, il suffit
d'examiner une de ses planches : elles se ressemblent toutes.

— Un paysagiste qui n'était point inconnu en
France, François Diday, est mort récemment à Genève, sa
ville natale. Il était âgé de soixante-cinq ans.

François Diday avait souvent participé à nos exposi-
tions annuelles; il avait obtenu une médaille de deuxième
classe au Salon de 1840, une première médaille au Salon
de 1841, et, l'année suivante, il avait été nommé chevalier
de la Légion d'honneur.

L'œuvre qu'il laisse est considérable. Les sujets qu'il
affectionnait étaient empruntés à son pays; c'étaient des
vues de montagnes avec de grands sapins d'un vert sombre,
des vallées pittoresques avec de petits chalets découpés
comme des bibelots d'étagères.

Diday a été avec Calame à la tète de la génération
précédente de l'école suisse, qui s'affranchit aujourd'hui de
plus en plus de leur pratique empreinte de sécheresse, pour
adopter un faire plus large, plus libre, une exécution plus
enveloppée.

■— Un des derniers représentants de l'ancienne école
bouffe italienne, illustrée par Pergolèse, Cimarosa, Paesiello,
Rossini et Donizetti, l'un des auteurs de Crispino e la Co-
mara, Federico Ricci est mort le mois dernier à Conegliano
où il s'était retiré depuis quelques années. Il avait composé,
en collaboration avec son frère Luigi, la plupart de ses par-
titions, dont la plus célèbre est celle que nous venons de
citer. Pourtant il écrivit seul divers ouvrages, notamment
Une Folie à Rome, représentée à Paris en 1869 sur le théâ-
tre des Fantaisies-Parisiennes.

Le Directeur-Gérant : EUGÈNE VÉRON.
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