L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 1)

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Cadre composé et gravé par J. B. Houel (1760).

On vient de m'apprendre que M. Charles Blanc est nommé professeur d'esthétique au Collège
de France. C'est un choix auxquels tous les lettrés s'empresseront d'applaudir; je ne prétends pas
que les amateurs, que les vrais connaisseurs surtout, tiendront à faire chorus. Autre chose
malheureusement est de se connaître en peinture, — pour ne parler que de la peinture, ■— et
d'en discourir très-élégamment. Authentiquer une œuvre d'art, distinguer une copie d'un original,
reconnaître avec sûreté la manière, la touche d'un maître, c'est chose moins aisée qu'on ne
se l'imagine, et, si admirablement que l'on écrive, on ne s'improvise pas juge sérieux en aussi
difficile matière. La vente Schneider et la vente dite du duc de Berwick et d'Albe, je me contente
de rappeler les plus récents exemples, ont donné la complète mesure de l'absolue incompé-
tence de M. Charles Blanc; ses attributions affirmées du ton le plus doctoral et avec force
périodes élégantes, ont tout simplement fait scandale tant elles étaient éloignées de toute
apparence de vraisemblance. N'y voyant pas clair par lui-même, il avait consciencieusement pris
au sérieux les noms illustres dont on n'avait pas craint de baptiser de misérables croûtes et il
avait, le plus sérieusement du monde, brodé sur ces thèmes frelatés les variations les plus harmo-
nieuses, sans se douter le moins du monde qu'il insultait à plaisir les maîtres les plus illustres;
Rubens, Rembrandt, Van Dyck, Murillo, Velasquez en ont frémi d'indignation dans leur tombe.
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