L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 1)

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288 L'ART.

les y montre, et les trois quarts des livres qu'il a écrits ne sont pas autre chose que la démons-
tration analytique de cette appréciation. Il prend tous les monuments de cette époque les uns
après les autres, il les démonte, les examine, les dessine pièces à pièces, et ces pièces il les met
sous les yeux des lecteurs. Or on sait que Viollet-le-Duc dessine admirablement.

On aurait pu lui pardonner d'avoir entrepris de prouver que nous avons créé, il y a
plusieurs siècles, une belle architecture. Mais, ayant trouvé que nos architectes du moyen âge
sont arrivés à des résultats aussi parfaits que ceux de la Grèce par l'application du principe
même qui avait guidé les Grecs, la satisfaction du besoin, il a cru pouvoir le dire sans réticence.
11 a fait plus. Toujours conduit par ce même principe et poussant dans le sens où la logique le
dirigeait, il a comparé les besoins des Grecs à ceux des Français des xn" et xin" siècles ; il a
montré que la vie ancienne était beaucoup moins compliquée que la vie moderne ; que par
conséquent, toutes choses égales d'ailleurs, les problèmes qu'avaient à résoudre nos architectes
étaient autrement complexes que ceux qui se présentaient aux architectes grecs, et que cela
même créait en faveur des premiers une présomption favorable. Il lui a semblé qu'il lui fallait
plus de génie pour élever nos grandes cathédrales que pour construire les temples grecs, pour
inventer l'architecture ogivale que pour imaginer l'architecture en plate-bande, pour combiner et
déduire toutes les conséquences de l'arc en tiers-point que pour coordonner celles des ordres
grecs ; et comme il se pique avant tout d'être fidèle à son propre raisonnement, il a laissé
entrevoir que nos maîtres maçons du moyen âge pourraient bien soutenir avantageusement la
comparaison avec les grands architectes de la Grèce.

Eugène Véron.

(La fin prochainement,)

Dessin d'Eugène Viollet-le-Duc, tiré de l'Art russe. (Paris, Ve A. Morel et C".)

NOTRE EAU-FORTE

Une Mauvaise Plaisanterie, tel est le titre d'une grande aquarelle de M. Antonio Casanova qui a e'te' très-remarquée au dernier
Salon de Paris, et dont notre collaborateur M. Paul Leroi a déjà fait ressortir dans l'Art1 les brillantes qualite's, l'esprit, la grâce et
l'élégance de la composition, la séduction et la saveur de la tonalité « agrémentée de modulations argentines qui sont une vraie trou-
vaille, et de broderies d'un brio inexprimable rendues avec une habileté sans rivale et constamment maîtresse d'elle-même ». Ces
qualités, sans en excepter la couleur, triomphe du véritable aquafortiste, se retrouvent dans la belle planche exécutée pour l Art par
M. Adolphe Lalauze. Nous saisissons cette occasion pour annoncera nos lecteurs que nous consacrerons prochainement a M. Antonio
Casanova une étude spéciale, illustrée de dessins et d'une eau-forte originale de l'éminent artiste espagnol, peintre, aquarelliste et
graveur également distingué.

i. Voir l'Art, 5e année, tome III, page 183.

Le Directeur-Gérant : EUGÈNE VÉRON.
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