L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 1)

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DEFENDENTE DE FERRARI. 17*

Bazzi, dit le Sodoma, de Vercelli, également; le Tanzio (Antonio Tanzi, xvii0 siècle); et tant
d'autres artistes de moindre valeur.

Les historiens et les critiques jouent trop souvent le rôle des moutons de Panurge. Une
opinion fausse a été émise; ils l'adoptent sans examen et sans scrupule; ils ne prennent pas la
peine de la vérifier; ils la répètent à l'envi, et se la repassent les uns aux autres. C'est ce qui est
arrivé pour Lanzi, dont les jugements erronés ont été reproduits par Bartoli, De Rossi, Paroletti,
le bibliothécaire Bertoletti, et surtout par l'auteur de la dernière description de la ville de Turin,
Pietro Baricco. Celui-ci, en effet, les a tous distancés et de beaucoup1. Dans cette description
écrite pour les membres du congrès pédagogique italien en 1869, il n'a pas craint d affirmer
qu'avant le xvi° siècle la peinture n'avait pas encore élu domicile dans notre contrée ; que ce fut
seulement vers le milieu du xvnc siècle (!!) que les Piémontais commencèrent à cultiver sérieuse-
ment les beaux-arts dans leur pays, enfin que plusieurs d'entre eux ne tardèrent pas à se signaler

Triptyque peint par Defendente De Ferrari2.
Dessin de C. F. Biscarra.

à l'admiration de leurs compatriotes et des étrangers, notamment, Galliari, le Père Pozzi
Cignaroli et le Porporati (!!).

Une seule visite à la pinacothèque royale de Turin aurait amené à des conclusions toutes
différentes l'auteur de cette description de la capitale piémontaise, lequel non content de priver
le Piémont de la gloire de tous les artistes que j'ai cités plus haut, lui fait gracieusement cadeau
de plusieurs étoiles de seconde grandeur, parmi lesquelles nous relevons le nom du Père Pozzi,
jésuite originaire du Trentin et non du Piémont3.

Revenons à l'artiste dont nous nous proposons de nous occuper. Il s'appelle Defendente De
Ferrari (ou De Ferrariis), de Chivasso, ville dans laquelle il eut son atelier et exerça son art à
la fin du xvc siècle et dans la première moitié du xvie.

1. II y a lieu de faire exception pour le professeur Corino, qui, dans son excellent Guide de Turin, loin de suivre les traces de ses
Prédécesseurs, a donné des notices artistiques exactes, faites pour éclairer les visiteurs et non pour les induire en erreur.

». Placé actuellement dans l'Oratoire privé des moines Rosminiani dans l'ancienne abbaye de la Sacra di San Michèle sur le mont Pir-
ehmano, dans la vallée de Suse (Piémont).

5- S'il nous fallait revendiquer pour le Piémont tous les artistes qui ont travaille pour les ducs de Savoie, nous aurions à citer, indépen-
damment du Père Pozzi, des hommes tels que Barnabas de Mutina, xiv siècle; qui a laissé à Chambéry, Torino et Alba, des tableaux de grande
valeur, Jacopo Argenta de Ferrare, peintre miniaturiste, portraitiste d'Emmanuel-Philibert; Giacomi Vighi, 1560; Morazzone, 1571 ; Soleri, 1587;
Alessandro Ardente de Pise, 1580; Isidore Caracca, 1595, et enfin Balthazar Mathieu d'Anvers, Jean Miel et Daniel Seitter, xvii" siècle.
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