L' art: revue hebdomadaire illustrée — 4.1878 (Teil 1)

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286 L'ART.

Nous ne nous arrêterons pas à discuter ce point, qui nous détournerait de notre objet, lequel
est surtout d'exposer la doctrine de notre illustre architecte. Il nous parait en tout cas incontes-
table que, s'il est un art auquel ce principe doive s'appliquer, c'est manifestement l'architecture :
« L'art, dit-il dans le premier volume de ses Entretiens sur VArchitecture (p. 24), est la forme
donnée à une pensée, et l'artiste, celui qui, en créant cette forme, parvient à faire pénétrer par
elle cette même pensée chez ses semblables. Pour l'architecture, l'art c'est l'expression sensible,

l'apparence pour tous d'un besoin satisfait. »

Une fois cette prédominance admise
de la pensée génératrice en architecture,
on arrive tout naturellement à cette consé-
quence qui est pour Viollet-le-Duc le crité-
rium infaillible de la valeur artistique des
œuvres architecturales, la subordination de
la décoration à la construction, ou plutôt
leur fusion intime. Il veut que la décora-
tion résulte naturellement de la structure,
laquelle est absolument subordonnée au
besoin ; or la satisfaction du besoin est le
but même de l'architecture. On comprend
donc tout d'abord qu'il condamne absolu-
ment ce genre de monuments décoratifs,
qui ne sont que le prétexte de l'ornemen-
tation. Dès que l'ornementation se sépare
de la construction, la décadence commence.
Les monuments romains, sur lesquels se
plaquaient les ordres grecs, sont par là
même des œuvres inférieures, et si elles
demeurent grandes, c'est que derrière ce
placage on retrouve une structure admira-
blement' liée et dont toutes les parties
concourent à la satisfaction du besoin.

L'architecture grecque, considérée seule
et en elle-même, a produit des œuvres
parfaites, précisément parce qu'elle se
subordonnait au besoin à satisfaire, que la
Le Christ. construction n'était pas sacrifiée à l'orne-

Une des figures du bas-relief sculpté sur le tympan de la porte septentrionale meiltation, mais que Celle-ci ail Contraire
de la cathédrale de Cahors. (Commencement du xu° siècle.) . . ,

~ . ,,,, , „ Vi r, s'appliquait a ne ïamais empiéter sur le

Dessin d'Lugene Viollet-Ie-Duc, fl l > r

tiré de son Dictionnaire raisonné de l'architecture française domaine de l'art architectural. Ce Caractère

du XI' au XVIe siècle. (Paris, Ve A. Morel et C'e.) . . ....

est encore plus saisissant dans 1 architecture
égyptienne. Là on peut dire que non-seulement la décoration naît de la construction, mais elle se
mêle, elle se fond avec elle. La statuaire fait si bien corps avec l'architecture qu'on ne saurait
enlever ses colosses, ses sphinx des monuments auxquels ils sont soudés sans faire crouler le
monument lui-même. La décoration grecque, plus artistique, plus variée, plus belle par elle-

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