L' art: revue hebdomadaire illustrée — 2.1876 (Teil 1)

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CHRONIQUE

ÉTRANGÈRE

Allemagne. — Les lois contre la contrefaçon des photogra-
phies et des œuvres d'art ont été votées en troisième lecture par
le Parlement allemand. Elles entreront en vigueur, la première
(photographies), le ier juillet, la seconde (œuvres d'art), le
ier avril 1876.

— Une nouvelle cantate de Max Bruch, Arminius, a été exé-
cutée à Barmen.

Angleterre. — L'exposition organisée par la Royal Aca-
demy de Londres, à Burlington House, et consacrée aux anciens
maîtres, comprendra, dit-on, environ cent soixante tableaux,
provenant des principales galeries privées. Ainsi que nous l'avons
dit dernièrement, la Reine a donné l'exemple en confiant à la
Royal Acadcmy trente-cinq tableaux du château de Windsor et
du palais de Buckingham, parmi lesquels on cite les portraits de
la reine Charlotte et de ses trois filles, par Gainsborough ; ceux
de Garrick et de sa femme, par Hogarth ; le Garrick de sir
Joshua Reynolds; Rubens peint par lui-même avec sa femme;
un van der i\eer ; un grand Claude Lorrain et plusieurs tableaux
de l'école hollandaise. Les ducs de Sutherland et de Westmins-
ter, lord Radnor, lord Landsdowne (un Raphaël), lord Darnley
(un Titien), lord Elgin (un Velasquez), M. Leyland (quelques
gothiques italiens) et M. Mildmay (quelques tableaux hollandais)
contribueront au succès de l'exposition en prêtant à la Royal
Academy les joyaux de leurs collections.

— D'après une correspondance du Manchester Guardian.
la Royal Academy a résolu d'augmenter de quatre le nombre de
ses membres. La question de la pension a fait rejeter la propo-
sition de porter à dix le nombre des nouveaux membres. Deux
places étant vacantes depuis la more de MM. Frédéric Walker et
Pettie, il y aura lieu de procéder à six nominations. Les* élections
auront lieu le 30 janvier.

28 décembre 1875.

—■ Une collection d'antiquités, parmi lesquelles d'intéressants
morceaux de sculpture, appartenant à M. Alexandre Castellani,
est déposée temporairement au British Muséum, où le public est
admis à l'examiner.

— La collection d'œuvresde M. George Cruikshank, exposée
il y a quelques années à Exeter Hall, vient d'être vendue par
l'artiste au nouveau jardin d'hiver de Westminster, où elle formera
une exposition séparée. Quelques amateurs réunissent une collec-
tion aussi complète que possible des gravures de M. Cruikshank
pour en faire don au British Muséum.

— M. Wynn Ellis, qui a légué sa collection de tableaux
anciens à la National Gallery, a laissé par son testament
2,000 livres sterling au Comité pour la restauration de la cathé-
drale de Saint-Paul.

— Le buste en marbre de feu Srerndale Bennett a été inau-
guré le 20 décembre à Shellield.

Italie. —■ On écrit de Rome au Morning-Post que les
travaux de la Via Nazionale, au point d'intersection de cette
rue avec la Via del Quirinale, en face de l'église de Sainte-Cathe-
rine de Sienne, prés de la Villa Antonelli, ont mis à nu une
partie de l'enceinte de Servius, et notamment une porte qu'on
suppose être la Porta Fontinales mentionnée par Varron et
Tite-Live.

— D'après une correspondance adressée de Berlin au même
journal, le Dr Schliemann aurait écrit de Païenne qu'il esc sur
le poinc d'entreprendre des fouilles sur l'emplacement de l'an-
cienne ec jadis célèbre ville de Motya, sur la pointe occidentale
de la Sicile, a six ou sept lieues au nord de Marsala. Cette ville,
occupée par les Phéniciens et les Carthaginois, fut détruite par
Denys l'Ancien, vers 397 avant Jésus-Christ, pendant ses luttes
contre ces derniers.

CHRONIQUE DE L'HOTEL DROUOT

Les affaires sont jusqu'ici fort calmes; les prix toutefois se
maintiennent. Rien de vraiment digne d'une mention spéciale n'a
été mis en vente à deux exceptions près.

La succession de M. Maulaz comprenait 0 trois belles tapis-
series des Gobelins, représentant des figures mythologiques
encadrées de riches ornements, de figures de génies, de tré-
pieds, etc., dans le style de Berain. Epoque Louis XIV.

a Neptune (hauteur, 3"',40; largeur, 2'",55). Jupiter (hau-
teur, 3"',4o; largeur, 2"',75). Le Temps (3"',4o; largeur, 2"',75). »

Deux de ces tapisseries étaient d'une conservation parfaite;
la troisième avait un peu pâli. Elles ont été adjugées en bloc à
M. le duc de Trévise pour la somme de 26,250 francs, frais
compris (30 novembre 1875; commissaire-priseur : M" Charles
Pillet; expert : M. Charles Mannheim).

Le u décembre, Me Charles Pillet, assisté de M. Adolphe
Labitte, libraire de la Bibliothèque nationale, qui s'est rendu
adjudicataire au prix de 21,000 francs, frais compris, pour
compte du duc d'Aumale, a procédé à la vente du superbe
manuscrit du xve siècle dépendant de la succession de M. Ch. de
Gauvain, de Nancy.

Comme il s'agit d'une œuvre vraiment exceptionnelle, on
nous saura gré de reproduire la description qu'en a publiée le
savant expert.

« Livre d'heurls sur vélin, in-40 relié en velours, doré sur
tranches, contenant 153 feuillets, 5 petites miniatures et 18 pein-
tures de la dimension du volume.

« Ce manuscrit, qui date de la fin du xv" siècle, est un chef-
d'œuvre à tous les points de vue. Il fut montré pour la première
fois en public lors de la tenue du Congrès scientifique de France
à Nancy, en 1850, et il provoqua l'admiration des membres de
cette assemblée : tous furent unanimes pour déclarer qu'ils avaient
rarement vu de manuscrit historié d'une aussi belle exécution et
d'une conservation si parfaite. On dirait, en effet, qu'il sort des
mains de l'artiste, tant le parchemin, l'écriture et les couleurs
ont gardé leur fraîcheur primitive.

« Les six premiers feuillets sont occupés par un calendrier
perpétuel ; viennent ensuite les Evangiles selon saint Jean, saint
Luc, saint Matthieu et saint Marc ; l'office de la Vierge, les
psaumes de la Pénitence, les litanies des saints, l'office des morts,
les Heures de la Passion de Notre-Seigneur.

« Le texte est enrichi, d'un bouc à l'autre, de lettres ornées,
de vignettes et d'encadrements d'une rare beauté.

« Mais ce qui mérite surtout d'être signalé, ce sont les vingt-
trois magnifiques miniatures (5 pecices ec 18 grandes) qui l'ac-
compagnent.

« Les cinq premières, qui sont les petites, représentent saint
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