L' art: revue hebdomadaire illustrée — 2.1876 (Teil 1)

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L'ÉCOLE D'ARCHÉOLOGIE

DE FRANCE A ROME

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S Z^^^ê 9Ç ES Expos'^0118 dites Rétrospectives n'ont pas eu le seul avantage de fournir à

vf l'Industrie moderne des modèles et des termes de comparaison. Dans leurs pro-

menades aux salles du palais des Champs-Elysées, les nombreux visiteurs ne
s'en sont pas tenus à satisfaire une banale curiosité ; en même temps que leur
goiit se formait par l'habitude des belles choses, et que leur œil acquérait le
(gj ^^-^^^t^ discernement des styles et des époques, leur esprit inquiet s'ingéniait à poursuivre

-' *» l'histoire de ces riches objets que le hasard des temps avait dispersés maintes

lois pour les réunir un moment dans une solennelle exposition, et il allait jusqu'à vouloir pénétrer le
mystère de leur origine et découvrir le nom de leurs auteurs.

D'autre part les ventes quotidiennes de la rue Drouot, l'échange rapide de ces mille bibelots d'art
qui, pour les raffinés, quintuplent leur prix dès qu'ils ont une possession d'état incontestée comme pater-
nité ou provenance, n'ont pas manqué de pousser les curieux et les spéculateurs dans la voie des
recherches ; et cette ardeur de la découverte historique, qui semblait réservée aux seuls amoureux de
la science, gagnait toute une population hier encore totalement indifférente.

Soit qu'il y eût un réel besoin de se donner une sérieuse satisfaction, soit que l'intérêt y fût pour
la cause première, on se prit de passion pour l'histoire des objets de luxe et des grands artisans
tout comme pour celle des peintres et des tableaux, et il devint de mode de ne pas se tromper sur
l âge et la famille d'un tapis, d'un calice, d'une faïence, d'un meuble, plus que sur l'attribution d'une
peinture.

Il s'en suivit qu'aidés par cette bonne manie du public, les écrivains sérieux ne manquèrent pas
à la besogne et qu'une littérature spéciale fut très-vite à la disposition des collectionneurs et des
curieux.

La publication si intéressante des Comptes de l'argentier Geqffroi de Fleury, faite en 1851 parla
Société de l'histoire de France, était venue à une époque qui n'était pas faite encore pour le succès
populaire de cet excellent livre, et les travaux de vulgarisation en faveur de l'histoire des arts somp-
tuaires étaient alors bien plutôt dirigés dans le sens d'un résumé à grands traits, prenant le caractère
d'une étude d'ensemble.

Mais lorsque parurent les excellents catalogues des collections du Louvre, quand défila devant le
public cette longue suite d'objets empruntés aux Galeries et aux riches cabinets des amateurs, on ne
se contenta plus d'une sorte de philosophie de l'histoire des arts. On voulut chercher aux sources
mêmes les preuves les plus sérieuses de la provenance, et on se mit à dépouiller les titres jusqu'alors
enfouis dans les archives et les bibliothèques, et à publier, pour un public friand, des inventaires et
des documents qui pouvaient lui fournir les aliments qu'il réclamait.

C'est ainsi qu'à côté des travaux importants de MM. Labarthe, J. de Lasteyrie, à côté des livres
populaires de la Bibliothèque des merveilles, des ouvrages de M. Jacquemart sur les porcelaines et les
faïences, et de tant d'autres sur chaque branche spéciale de l'art appliqué, on mit encore aux mains des
intéressés des travaux comme le Trésor de la Curiosité, de M. Charles Blanc, et le Livre-Journal de
Lazare Dttvaùx, par M. L. Courajod, ou encore ['Inventaire des Meubles de Catherine de Médicis en 158g,
par M. Edmond Bonnaffé. Ces publications viennent compléter l'éducation artistique des curieux et des
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